Pourquoi avoir accepté de devenir locavore pendant 30 jours ? 
Nous en avons parlé entre nous, avec mes fils, nous avons décidé que ce défi pouvait être intéressant à relever car remettre en question leur manière de manger, ça les obligeait à manger plus de légumes sans que j’ai tout le temps à me battre pour les intégrer. Je suis énergéticienne et forcement ce concept me plaisait beaucoup. Pour rester en forme et préserver sa santé, il faut alimenter correctement son corps avec la nourriture la plus saine possible, il faut prendre soin de notre capital. J’ai d’ailleurs une page Facebook professionnelle (sous le nom d’Angeline cabinet) qui sert à conseiller les gens intéressés par ma démarche et à prendre rdv avec moi. Cette expérience était, d’une certaine manière, très liée à mon activité. Toute la famille avait donc toutes les raisons de participer à l’aventure !
Quel était l’état d’esprit de votre famille au début de l’expérience?
Il y avait un mélange de plusieurs sensations, peur de paraître ridicule, excitation de voir si nous allions tenir le défi locavore, la curiosité de comprendre ce nouveau mode de vie.
Etiez-vous déjà sensible au concept du locavorisme avant l’émission ?
Pas du tout. Nous l’avons découvert avec 200km à la ronde et en faisant des recherches sur internet. En revanche, quand mes fils étaient petits et que nous vivions dans le 81 puis dans 82, j’avais des potagers avec des tomates, des courgettes, des melons, des aubergines, des haricots verts, des fraises etc. Je les faisais m’aider à cueillir et entretenir le potager, nous avions des poules et un coq, quelques arbres fruitiers dans le jardin, des cerises et des prunes, ce qui nous permettait de faire des confitures, c’était beaucoup plus simple.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le défi que vous avez dû relever ?
Le challenge a été très difficile, les 15 premiers jours surtout car nous avons dû changer toutes nos habitudes du jour au lendemain. C’est très dur pour l’organisme de changer d’un seul coup, il a fallu trouver des solutions rapidement pour trouver des repères, se serrer les coudes, être plus solidaires et après moralement tenir car quand vous avez envie de boire un soda ou manger une glace quand il fait chaud (c’était en plein été), il faut trouver des subterfuges et cela n’a pas été évident.
Comment s’est passé votre premier petit-déjeuner locavore ?
Cela a été très dur car il n’y avait plus rien à manger, il a fallu partir le ventre vide au marché, mes fils sont en pleine croissance (sourire) et ils râlent quand ils n’ont rien à manger : je me suis dit là, c’est vraiment la catastrophe, je suis revenue avec de la bonne brioche aveyronnaise et du lait trait du jour!
Qu’avez-vous changé drastiquement dans vos habitudes alimentaires et de consommation depuis l’émission ?
Nous regardons beaucoup plus les étiquettes, nous achetons tout ce que nous pouvons au marché comme les fruits et les légumes, les œufs et la viande, nous allons la chercher à l’abattoir régional qui est à 40 km de chez moi ! Si je refusais, avant l’émission, les sacs plastiques par principe, aujourd’hui je regarde systématiquement la provenance de ce que j’achète. Je privilégie encore plus maintenant les produits français.

Sophie Amand et ses trois fils
Qu’avez-vous tiré de l’expérience que vous avez vécue?
Mes fils ont compris qu’il fallait manger vraiment autrement, pour la planète et sa propre santé. Ils ont découvert certains goûts, comme celui du vrai lait trait du jour. Pour ma part, j’ai déniché de nouveaux produits comme le sel de Gruissan, très bon mais pas assez connu et la moutarde au moult de raisin, dont mon fils Nicolas raffole !
Nous avons également constaté que manger plus sainement pollue moins. Concrètement, nous faisions déjà le tri de nos poubelles, mais en devenant locavore on a réduit de manière impressionnante nos déchets.
Au niveau de votre budget, quel constat avez-vous fait ?
J’ai eu des bonnes et des mauvaises surprises. Par exemple, la viande rouge en abattoir coûte 4€50 au kilo, elle est donc moins chère qu’au supermarché. Il en est de même pour les légumes, les fruits, le miel et les œufs. En revanche, les yaourts, la crème fraiche, le lait trait du jour (1€ le litre), les fromages du marché, l’huile d’olives coûtent plus cher chez les petits producteurs.
Que diriez-vous à des personnes qui ont envie de commencer l’« aventure » locavore ?
Il faut avoir de la patience, se souder avec d’autres personnes pour faire du covoiturage par exemple et surtout se renseigner et se sentir prêt mentalement car, au début, c’est contraignant. Mais une fois le rythme pris, nous n’avons plus envie de revenir en arrière, surtout quand on voit ses enfants découvrir ou redécouvrir le vrai goût des aliments.
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