Deux radeaux à la dérive entrent en collision dans le sous-sol du Nicaragua. L’un transporte le Pacifique et l’autre les Caraïbes.
La colonne vertébrale du Nicaragua est née de cette rencontre tumultueuse. 28 volcans hérissent le pays du nord au sud. Le premier d’entre eux m’accueille dès le passage de la frontière. Conception monte la garde au milieu du lac Nicaragua. C’est un cône parfait aux pieds duquel la banane assure un maigre revenu aux habitants de l’île.
Le Nicaragua est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique : la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Affaibli par des années de dictature somoziste puis par une guerre civile sans fin, le pays a du mal encore aujourd’hui à se relever. Managua en est la parfait illustration : secouée par les séismes et par les révolutions, la capitale résiste accrochée à l’espoir, s’en remettant à Dieu.
Mes derniers kilomètres d’Inter Américaine me guide jusqu’à l’isthme de Rivas, un lambeau de terre coincée entre le Pacifique et l’immense lac Nicaragua. Cet endroit concentre les rêves de tout le peuple nicaraguayen. Il suffit de se pencher sur une carte pour que l’évidence apparaisse.
Ouvrir l’isthme de Rivas, c’est ouvrir la route des océans. Un autre canal pour sortir le Nicaragua de la misère. Seul détail : il faudrait que le pays trouve 25 milliards de dollars pour mener à bien ce projet…

Panama city est l’une des 5 villes au monde les plus agréables pour vivre une retraite heureuse… selon les standards américains. Des buildings entiers d’appartements, des hôtels, des banques, le canal a attiré ici une population aisée.
Comme une éclosion, ce que j’ai compris des racines et de l’histoire de ce pays, des projets de sa société actuelle, et du réalisme de l’envers de cette société, commence à prendre forme dans cette dernière étape de mon voyage, qui se déroule dans le nord du Japon, la partie la moins peuplée du pays. 



