Un bateau pour Tombouctou – Episode 3 : Djenné – Mopty.

Réalisateur : Lautent Bouit

Djenné est sans aucun doute la plus belle ville du Mali. Son architecture en banco, c’est-à-dire en terre, est unique au monde.

La mosquée de Djenné est d’ailleurs l’édifice en terre le plus imposant jamais construit. Cette architecture demande un entretien important et il faut réenduire les maisons tous les ans après la saison des pluies. Pour la mosquée, cette opération se fait en une seule journée qui est aussi une grande fête pour toute la ville. Il faut autant que possible être à Djenné le Lundi matin, jour de marché, car toutes les ethnies du Mali s’y retrouvent pour échanger et commercer.

Le marché de Djenné est le meilleur symbole de la mosaïque culturelle qu’est le Mali. Je quitte Djenné en pinasse par le Bani, qui est le principal affluent du Niger. Entre Djenné et Mopti, le paysage devient d’une horizontalité extrême.

Les eaux ne rencontrent plus aucun relief et se répandent sur des immensités, opérant leur jonction avec celle du Niger.

Sur le Bani, des dizaines de pirogues et de pinasses circulent, chargées de marchandises qui transitent d’un marché à un autre ou d’une foule bigarrée. Dans ces territoires aquatiques, les maîtres des eaux sont les pêcheurs Bozos, censés détenir les secrets du fleuve. Je cherche à les découvrir, mais on me fait vite comprendre que celui qui révèlera le secret s’expose à de grands malheurs. À défaut de secret, je m’attarde pour regarder vivre et travailler ces populations qui vivent tant bien que mal en bénéficiant d’un fragile équilibre avec leur environnement.Pas assez d’eau, ou trop, comme cette année, et la vie devient vite aléatoire.

Je rallie Mopti, la grande ville fondée par les bozos et qui est devenue la plaque tournante du commerce fluvial et du tourisme. Mopti est tout le contraire de Djenné. La ville ne présente pas un grand intérêt architectural, mais elle déborde d’énergie. À Mopti, tout le monde « cherche l’argent ». Attention donc aux guides et rabatteurs improvisés qui gravitent autour des hôtels et sur le port. Mopti est aussi la porte d’entrée du nord, avec en ligne de mire le désert et Tombouctou. Pour rejoindre la ville mystérieuse, il faut choisir entre la route et le fleuve, entre une journée de piste éprouvante et trois jours de navigation. La piste ne présente aucun intérêt, alors que le fleuve devient somptueux à partir de Mopti, en formant des lacs immenses comme le lac Débo. Je n’hésite donc pas et je choisis de repartir en bateau.

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2 réponses à Un bateau pour Tombouctou – Episode 3 : Djenné – Mopty.

  1. Michel Merlin dit :

    Merci pour ce carnet de voyage, merveilleux comme tous les autres d’« Échappées Belles » (et qui me touche particulièrement: j’ai habité ce pays en 1940-1961…).

    Une petite correction : attention à ne pas écorcher les noms, la ville terminus de blog.france2.fr/Itinerair… est "Mopti". C’est particulièrement important dans les TITRES, puisque, sauf correction, les gens qui googleront sur votre titre ne trouveront souvent pas votre article.

    Versailles, Sat 26 Apr 2008 21:44:20 +0200

  2. BS 86 dit :

    ce film est une merveille de finesse et d’intelligence : le réalisateur a su avec modestie se laisser prendre au charme envoutant du peuple malien : la preuve en est notamment dans la façon dont il a su s’interroger sur la nature du regard (fatigue ou fierté) de ce "pêcheur dde sable" en fin de journée !… bravo !