Articles de la catégorie : Transmongolie

Transmongolie – Episode 1 : Ile Okhlon – Irkoutsk

Réalisateur : Sylvain Tesson – Nicolas Millet

La route Irkoutsk Pékin est mythique parce qu’elle correspond au très ancien itinéraire de la progression mongole. Gengis Khan, originaire d’un clan établi autour du lac Baïkal précipita au XIIIe siècle ses troupes de cavaliers-archers vers Pékin et soumit la Chine qui faisait l’autruche derrière sa muraille. Aujourd’hui la double scarification des rails de la ligne de chemin de fer transmongole (l’une des branches du transsibérien) incarne matériellement cet axe de conquête. Tesson et Millet se lancent sur l’itinéraire Irkoutsk Pékin afin de faire l’expérience des espaces infinis et des horizons sans fond qui semblent reculer à mesure que le voyageur avance. Première étape : franchir le lac Baïkal gelé. Le fourgon russe loué à Irkoutsk s’aventure sur une couche de 80 centimètres de glace suffisamment solide pour supporter le poids des véhicules de janvier jusqu’en avril. En Russie ce ne sont pas les hirondelles qui annoncent le printemps mais les engins lorsqu’ils traversent la glace devenue trop fragile.

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Transmongolie – Episode 2 : Irkoutsk – Oulan-Bator

Réalisateur : Sylvain Tesson – Nicolas Millet

Parvenu sur la rive orientale du lac Baïkal après une lente glissade sur la plus spacieuse et la plus pure patinoire du monde, le fourgon Waz s’enfonce dans la taïga bouriate. La Bouriatie est une province semi autonome de la fédération de Russie. Chaque jour est une hache qui abat quelques kilomètres dans la futaie de l’immensité. Les rencontres jalonnent l’itinéraire : Vieux Croyants héritiers de l’orthodoxie des premiers âges, artistes bouriates, pêcheurs entraînés à la rudesse. Dans la Haute Asie, la géographie ne s’embarrasse pas de transitions. Les milieux naturels se succèdent avec la brutalité du couperet. Soudain, la forêt s’ouvre et le rideau des arbres tire sa révérence devant le tapis des steppes. C’est le monde mongol qui commence, l’univers du nomade dont rien ne peut arrêter le regard ni le désir de conquête. La frontière russo-mongole est passée, le train s’ébranle vers la mythique Oulan-Bator. Que reste-t-il du royaume des loups des steppes ?

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Transmongolie – Episode 3 : Oulan-Bator – Jining

Réalisateur : Sylvain Tesson – Nicolas Millet

On ne devrait pas trop se plonger dans les livres avant de partir vers le pays de ses rêves. Car à trop se farcir l’esprit de littérature voyageuse on finit par se faire des idées fausses. Les châteaux de cartes des représentations mentales sont vite balayés par les vents de la réalité. Oulan-Bator n’est plus la capitale des cavaliers sans feux ni lieux. Elle est devenue une cité moderne, post-soviétique, à la tête d’une république balbutiante prise en étau entre le dragon chinois qui voudrait bien la croquer et l’ours russe qui rêve de l’enfourcher. Trop de temps dans la ville réveille les ardeurs nomades. Millet et Tesson reprennent la route des steppes. Plein sud. Dans l’axe cardinal de la première avancée mongole (plus tard les troupes gengiskhanides s’en furent vers le couchant).
La Chine ne s’offre pas sur un plateau d’argent. Pour atteindre le récif de la grande muraille il faut traverser le Gobi, l’un des plus hostile déserts du monde. Celui que René Grousset, le plus géographe de tous les historiens, rangeait dans la catégorie des plaques cancéreuses. En été on y meurt de chaud. En hiver il y fait–40°. La yourte alors devient un refuge salutaire. Une bouée dans l’océan du vide.

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Transmongolie – Episode 4 : Jining – Pekin

Réalisateur : Sylvain Tesson – Nicolas Millet

D’Empire du milieu, la Chine est devenue Empire du milliard. Elle s’est éveillée et aimerait faire du monde sa descente de lit. Elle vrombit de dynamisme. Les économistes parlent d’une croissance unique. Les voyageurs, eux, perçoivent les manifestations de cet essor collectif dans la frénésie des citadins et la vigueur des campagnards et surtout dans l’espoir que chaque citoyen de la République Populaire place dans l’avenir. La muraille n’est plus qu’un fossile, le lointain témoignage d’une Chine qui se calfeutrait au temps des Empereurs. Le ruban de pierre de 5000 kilomètres gît, oublié des Chinois, offert à l’émerveillement des touristes, pauvre mue de serpent ondulant sur l’arête des montagnes. Aujourd’hui La Chine ne veut plus se protéger du monde, mais s’exporter et les jeunes businessmen de Pékin sont les porte-drapeaux de ce nouvel élan. Le voyage Irkoutsk-Pékin s’achève devant la cité interdite. Le point commun entre les cavaliers sanguinaires de Gengis Khan et les pacifiques voyageurs ? Les uns comme les autres brûlent de savoir ce qui se cache derrière les horizons et de faire tomber les murailles de l’inconnu.

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