Articles de la catégorie : Transsaharienne

Transsaharienne – Episode 4 : : Kidal-Taoudéni-Tombouctou

On a parcouru 900 kilomètres de Kidal pour rejoindre Taoudéni, à part les paysages superbes, rien, que du sable et de la pierre.

Taoudéni est toujours aussi fascinant, j’ai eu l’impression, à part les camions qui maintenant s’y rendent, de rentrer dans les écrits passés. Rien effectivement n’a changé, on gratte le sable pour en extraire le sel, comme il y a plusieurs siècles. Les plaques de sels sont calibrées et embarquées sur les chameaux à l’identique. Dur labeur pour les mineurs mais j’ai aussi appris sur place, que d’autres mines avaient, il y a une vingtaine d’année, du temps de Moussa Traoré, été ouvertes à quelques kilomètres de Taoudéni. On y envoyait les prisonniers politiques, ceux que l’on ne souhaitait pas voir revenir…

Certains sont revenus et un est même devenu ministre !

Taoudéni Tombouctou, 650 kilomètres de sables entrecoupés de pistes, une ancienne étape du Paris-Dakar, nous avons mis, en roulant très vite, deux jours et demi pour rejoindre la ville mythique.

Les concurrents du Dakar partaient le matin vers six heures, les premiers arrivaient le jour même avant 16 heures, ça calme !

Tombouctou, que dire de cette cité fameuse, qui n’aurait déjà été dit ? En tout état de causes, je réalise ici mon rêve d’enfant, du temps où je courais dans un cimetière de Saintonge, me prenant, par jeu avec mes frères, pour René Caillié.

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Transsaharienne – Episode 3 : Gao-Kidal

Je connaissais déjà Gao, je m’y étais rendu il y a une quinzaine d’années. Au premier abord la ville n’a pas changé, sauf que le pont construit depuis 2003 à modifié les comportements. Rendez-vous compte, avant on traversait avec le bac, quand ce dernier fonctionnait, c’est-à-dire quand un camion ne s’était pas écrasé dessus… Ce qui avait pour effet de bloquer toute traversée de véhicules pendant plusieurs jours. Je sais je l’ai vécu !

Ce pont est un lien considérable d’unification pour le Nord Mali, espérons que le Président ATT arrivera à pacifier totalement l’Adrar des Ifoghas, c’est une des principales priorités de son deuxième mandat. Le fleuve Niger à Bourem m’a aussi interpelé, de façon tout à fait innocente, dans une discussion à la sauvette j’ai perçu cette dualité entre les Songhaïs et les Touaregs. Les premiers qui exploitent le fleuve rejettent le désert, les seconds qui eux viennent du désert ont peur du fleuve !

Une première approche de Tombouctou, car la ville construite par des Touaregs et des Maures est assez éloignée du Niger… Peut-être une explication ?
Kidal, la capitale de l’Adrar des Ifoghas, subit toujours le couvre feu, impossible d’y rentrer ou d’en sortir avant 6 heures du matin et après 18 heures.

J’étais déjà venu à Kidal il y a une quinzaine d’année et la ville malgré son isolement s’est beaucoup développée, à part l’ancien fort je n’y ai pas reconnu grand-chose. Son expansion est due à la sédentarisation de nombreux Touaregs, « maudite » mondialisation !

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Transsaharienne – Episode 2 : Kayes-Douentza

Je suis à Kayes, je suis au Mali, pays qui abrite en son sein la ville du rêve de mon enfance : Tombouctou.

Certains prétendent que la région de Kayes est une des plus belles du pays, je ne saurais dire, en tout cas c’est une ville très accueillante. Car les Sarakolés, ethnie dominante de la région, sont un peuple de voyageurs et quand on voyage on acquiert une grande ouverture d’esprit voire une certaine sagesse.

Je reste peu de temps pourtant à Kayes, j’ai besoin de m’enfoncer un peu plus dans le pays. En longeant la frontière mauritanienne j’atteins assez facilement Nioro du Sahel, une ville de « mélange » car on perçoit la proximité de la Mauritanie surtout quand on arpente les rues de Nioro on y croise beaucoup de d’Arabes Maures. C’est ce qui, de prime abord, est frappant pour cette ville.

Après, un long périple de 500 kilomètres dans le sahel m’amène à Borko, un petit village Dogon. Ici on vit en parfaite harmonie avec les caïmans que l’on considère être une réincarnation des ancêtres.

Troublant, je rentre de Madagascar, plus précisément du Nord de l’Ile vers Diego Suarez, et là-bas dans certains lacs on considère également les sauriens, les crocodiles, comme une réincarnation des ancêtres. Tout cela me laisse perplexe !

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Transsaharienne – Episode 1 : Saint-Louis – Kayes

En arrivant à Saint-Louis du Sénégal, je sais que cette ville s’affiche pour être la meilleure introduction à la découverte de l’Afrique. Etape d’abord des navires européens de la Traite, puis de l’aéropostale de Mermoz, cette cité conserve d’importants témoignages de son prestigieux passé.

Car Saint-Louis du Sénégal a un passé exceptionnel, elle est la plus ancienne ville construite par les français en Afrique de l’Ouest et l’Histoire de Saint-Louis se confond avec celle de la colonisation. Pourtant Saint-Louis n’est qu’une pré-étape pour moi ou plutôt le point de départ d’un itinéraire qui va enfin concrétiser les rêves de mon enfance : partir sur les traces de René Caillié et découvrir Tombouctou.

Certes Caillié n’est pas passé par ici, mais il aurait pu le faire. Embarquer comme moi dans une pinasse au soleil couchant, admirer les multiples couleurs des « gens du bord de l’eau » et remonter tout en douceur ce fleuve magnifique.

Sur ce Sénégal jusqu’à Kayes, j’ai eu le temps du rêve, je me suis pris pour un aventurier en me remémorant le merveilleux film de Giraudeau « Les caprices d’un fleuve », j’ai également endossé la panoplie d’un explorateur tant les modes de vie approchés ne présentaient aucune ou peu de différences avec ceux relatés par les littératures du XIXème siècle.

J’ai vécu cette remontée comme une nouvelle initiation à l’Afrique, elle m’a apporté une vision différente de scènes qu’il me semblait avoir déjà vu, peut-être n’avais-je pas, auparavant pris le temps nécessaire à correctement regarder… Là au cours de ce voyage je l’ai fait.

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