La route des Incas - Episode 2 - Huancayo / Cusco : La piste de la Sierra
Je repars de Huancayo pour m’enfoncer dans les montagnes Andines. A partir de maintenant, la route n’est plus asphaltée, et c’est un voyage de plusieurs jours qui attend le voyageur sur des pistes magnifiques mais pénibles. La Sierra Centrale est une région qui se mérite, en dehors de tout itinéraire touristique. Pour la traverser, il faut prendre les bus qui relient la plupart des villes de la Sierra ou louer un véhicule avec un bon chauffeur. Il faut compter 4 journées de pistes pour atteindre Cusco. La première étape de ce périple, c’est Ayacucho, qui fût coupé du reste du pays pendant plusieurs décennies parce qu’elle était l’épicentre de la guerre civile qui a ensanglanté le pays dans les années 80 et 90, entre la guérilla du sentier lumineux et l’armée nationale péruvienne. Le calme y est aujourd’hui revenu et Ayacucho a retrouvé sa réputation d’accueil. Je suis d’ailleurs très vite séduit par la douceur de vivre qui se dégage de cette ville et j’ai du mal à croire que cette ville à été le théâtre d’exactions de la part des deux parties. La piste qui part d’Ayacucho vers Andahuaylas, Abancay, puis Cusco traverse des paysages dantesques. Elle passe par des cols qui sont perchés à près de 5000 mètres et qui sont balayés par des vents glacials. Puis elle plonge vers des vallées encaissées 3000 mètres plus bas qui sont de véritables oasis tropicales. Au bord de cette route, je rencontre une population composée de paysans laborieux qui reprennent le chemin des champs après les années de guerre et de camionneurs pour qui la piste est une routine. Faire la piste dans cette partie des Andes est sans aucun doute une expérience unique, un avant goût d’aventure.
20/01/09 :: La route des incas :: aucun commentaire


Mon voyage commence à Lima. C’est une grande Ville sud Américaine, avec ses bidonvilles où viennent s’entasser les paysans des montagnes poussés par l’exode et ses quartiers d’affaires clinquant. Elle fut fondée par Francisco Pizarro, le conquérant et explorateur espagnol qui partira à l’assaut de l’empire Incas et remontant leur chemin à travers les montagnes. De ce passé colonial, Lima a conservé son architecture espagnole, mais aujourd’hui, c’est ailleurs qu’il faut chercher l’âme de la ville, dans les quartiers populaires ou toute une population besogneuse tente de faire sa place. La moitié des 22 millions de Péruviens vivent aujourd’hui dans la capitale. Pour quitter Lima, je me rends à la gare pour prendre le train des cimes, le train de Huancayo. C’est un des trains les plus spectaculaires au monde puisqu’il grimpe dans la Cordillère des Andes jusqu’à une altitude record de 4800 mètres. Il faut une journée pour parcourir les 300 kilomètres de voies et avec un tel dénivelé, il est difficile d’échapper au mal des montagnes. Un médecin parcours d’ailleurs le train avec une bouteille d’oxygène pour les passagers qui subissent ce mal. Je descend au col d’Anticona et je continue par la route vers la ville de La Oroya qui est un centre minier et sidérurgique. Ici, les conditions de vie sont déjà extrêmes, et je m’arrête pour suivre une procession qui traverse la ville. En continuant par le goudron, j’arrive à Huancayo, la plus grande ville de la Sierra. Le marché qui s’y tient tous les dimanches est connu dans tout le Pérou. Les peuples des Andes s’y donnent rendez vous pour commercer et échanger. Sur le marché, je peux me procurer des feuilles de Coca, cette plante que les paysans péruviens mâchent sans relâche pour se donner du courage.