La route des Incas - Episode 3 - Cusco / Manu : Une terre indienne
Le nom de la capitale Inca, Ccoscco, hispanisée plus tard sous la forme de Cusco, signifie en quechua le "nombril de la terre". Située à 3400 m d'altitude dans une haute vallée fertile, la ville jouit, grâce à la proximité du tropique, d'un climat agréable. Aujourd'hui classée "patrimoine culturel de l'humanité" pour la richesse de ses monuments Incas et coloniaux, elle figure parmi les cités les mieux conservées de l'Amérique précolombienne. A Cusco, je suis au cœur de l’ancien empire Inca, et c’est tout naturellement là que je retrouve les traces les mieux conservées de Qhapac Nan, le chemin Inca qui constituait un réseau de communication à l’échelle du continent sud-américain. Sur le chemin, je rencontre Alfredo qui me fait partager sa passion pour la civilisation Inca et surtout pour Machu Picchu, la cité Inca oubliée et redécouverte au début du vingtième siècle. Mais je me rend vite compte que la société péruvienne idéalise ce passé Inca alors qu ‘elle méprise aujourd’hui les Indiens qui sont les descendants des Incas d’hier. Au fond de la vallée de Calca, les indiens que je rencontre sont en colère et souffrent des discriminations dont ils s’estiment victimes. Pour eux, le simple terme « d’indien » sonne comme une insulte. Cette région a de tout temps attiré les aventuriers à la recherche d’un hypothétique Eldorado. Je suis leurs traces en m’enfonçant dans la forêt Amazonienne qui s’étend à perte de vue au pied de la Cordillère des Andes. La piste qui descend des montagnes à partir de Cusco est épique. Il faut 12 heures pour atteindre le village de Shintuya qui est aux portes du parc de Manu. Je suis sur le territoire des Indiens Amazoniens, des populations qui n’ont jamais vraiment été assimilées par les civilisations des Andes malgré leur proximité géographique. A Shintuya, la piste s’arrête, et pour aller plus loin, il faut partir sur la rivière Madre de Dios. C’est ce que je fait en profitant du passage de Matéo, un chaman Machinguenga que j’accompagne en forêt. Il faut prévoir au minimum plusieurs jours pour séjourner dans la région de Shintuya, mais les sensations y sont fortes, au cœur d’une nature préservée.
23/01/09 :: La route des incas :: un commentaire


