ItinerairesMythiques

Itineraires Mythiques

Madagascar l'île rouge - Episode 4 : Fianarantsoa - Anakao

Réalisateur : Marc MOPTY

Ce matin devant l’entrée du Parc National de l’Isalo, un personnage truculent Felix, se prétendant guide insiste pour m’ accompagner. Mais sur 100 kms de massifs et de rocaille, je n’ai pas trop envie d’user mes semelles. Felix tient absolument à me montrer les lémuriens catta, les moins farouches de toute cette grande famille des rois de la faune. Le culte des ancêtres pratiqué à Madagascar, « l’île des esprits » reflète une vision particulière du monde. Il est de coutume qu’une fois le jour fixé, la famille et tous les invités retournent le mort pour lui changer les lambas, les lambeaux. C’est la cérémonie du Famadihana, du retournement des morts.

A 25 km de Ranohira, Ilakaka, autrefois petit village paisible et isolé est devenu en quelques mois une véritable « ville far west » comptant près de I00 000 personnes, avec la découverte il y a I0 ans d’un des plus gros gisements de saphirs au monde. 1000 Euros pour une pierre… Un an de salaire pour un professeur !

150 km me séparent de Tuléar. « Tuléar se situe sur le tropique du Capricorne. » me dit le chauffeur. Rien d’extraodinaire dans cette ville de fin de voyage. En fait Tuléar c’est surtout une atmosphère, un carrefour-terminus. J’y croise tous les Corto Maltese de la terre, en escale ou restés ici à fond de cale. Balzac, comment avec un nom pareil devient-on musicien ?

Pour Franck le pousse-poussier, le soleil de la vie n’est pas toujours au rendez-vous… Dans la fraîcheur de la cathédrale, De l’autre coté du canal de Mozambique, Le groupe Kapelaony répond à l’Afrique en chantant. Anakao à 2 heures de mer est un authentique village de pêcheurs Vezo. Mais pour combien de temps ? Pont ou piste aérienne risquent de développer un scénario loin de la tranquillité et du paradis. Souvent appelés « les nomades de la mer », ils arpentent le littoral, se déplacent sans cesse, suivent les bancs de poissons et bivouaquent le soir sur les plages. Rencontre avec Regis Robinson.

En face, sur l’île de Nosy Ve, je vais pouvoir sur un carnet, rassembler les précieux moments de ce voyage. J’écris en guise de chapitre : Madagascar ou la force tranquille.

Madagascar l'île rouge - Episode 3 : Fianarantsoa – Manakara - Fianarantsoa

Réalisateur : Marc MOPTY

Fianarantsoa-Manakara : la mer au bout des rails. Un petit écart de 160 km vers l’Océan Indien. Pardonne-moi RN 7. La tentation est trop grande. La motrice se décide à partir. Le risque de panne est omniprésent et je ne sais trop si j’arriverai à destination.

Le train traverse la forêt et sur les flancs escarpés de la falaise, je n’ai pas assez d’yeux pour apprécier la féerie, la luxuriance de cette forêt d’émeraude égayée de plusieurs cascades.

Le convoi s’arrête dans chacune des 17 gares de la ligne, soit tous les 10 km ! Dans chaque gare, des multitudes de petits vendeurs se précipitent aux fenêtres avec des écrevisses, des fruits de saison. La pauvreté m’attriste toujours mais ne me choque plus… Une attente inévtable, tant que les quais ne soient pas vides. Le train c’est aussi Mora Mora. Doucement, doucement ! Océan Indien, tout le monde descend !

Je quitte les hauts plateaux, je rencontre l’île rouge. Un autre paysage se dessine au gré des kilomètres avalés, plus chaud, plus sec. Je suis à moitié du cordon de la nationale 7. Un surprenant atelier de papier Antemoro m’apprend que, fabriqué à partir de la plante d’avoha, il est entièrement naturel, avec ses incrustations d’herbes et de fleurs. Ce papier-là m’accompagnera jusqu’au bout de ma route, histoire de faire quelques croquis ou de m’en faire un carnet de voyage.

Tous les grands troupeaux du Sud convergent le mercredi matin au marché d’Ambalavao, plaque tournante du commerce du zébu. C’est le deuxième rassemblement de bovins à Madagascar.

Les dahalo, les voleurs de zébus sont un véritable fléau dans la région. Une pancarte à la sortie de la ville m’oblige à faire une halte. Il paraît que les Côtes de Fianar sont la fierté du Betsiléo. Si je veux goûter au meilleur « blanc » du pays, c’est l’occasion. Rencontre avec Michel Chan Wai Tong. 15O kms, avant d’atteindre Ranohira et le fameux « Colorado malgache ». Au « relais de la Reine », m’attend une véritable oasis de verdure en plein désert, rappelant le décor d’un western. Pour les nouveaux explorateurs, tout est possible.

Madagascar l'île rouge - Episode 2 : Antsirabe à Fianarantsoa

Réalisateur : Marc MOPTY

À Antsirabe, c’est vrai qu’il fait frais à I400 m d’altitude. On se croirait à Vichy. Et c’est vrai que cette ancienne ville thermale a su garder un cachet de l’époque coloniale. Au prestigieux « Hôtel des Thermes », le vieux portier m’accueille en rigolant : «Mohammed V, roi du Maroc en exil, trouvait qu’il faisait très froid ici mais que les jours meilleurs étaient à venir » On regarde les vieux albums qui ont vu défiler toute une belle époque… Mais belle pour qui ? La liberté a un prix.

Les Merina sont restés riziculteurs tout comme les Betsiléo, ceux qu’on dit invincibles. Les autres ont les pousse-pousse de Monsieur Rafi « Roi du pousse-pousse ». Chez lui naissent et meurent ces véhicules amenés par les Chinois que les Français firent venir pour la construction de la route ou de la voie ferrée.

« Charité » connaît toutes les bonnes adresses, celles de Joseph tailleur et lapidaire depuis des générations, comme celle de l’atelier des 6 frères où se sculpte la corne de zébu.

À 80 km d’Antsirabe, là où la RN 7 traverse les rizières en terrasse après la chaîne montagneuse de l’Ankaratra, sans glorieux passé, Ambositra, «Prononcez Amboussstch » est une grosse bourgade du pays Betsiléo. Elle tire surtout sa réputation de l’artisanat du bois, sculpture et marqueterie, fruits du savoir-faire zafimaniry.

Antoetra est le premier et le plus important village Zafimaniry, situé à 40 km. Ces fameux « zafimaniry », encore au nombre de quelques dizaines de milliers, sont des « Betsiléo » réfugiés dans les forêts d’altitude, là où ils ont appris à maîtriser l’art du travail du bois. Leurs maisons sont assemblées sans aucun clou. Rencontre avec le chef du village.

Mais sa forêt n’est pas libre, elle recule tous les ans. En l’absence d’arbres, les cultures sur brûlis et les feux de brousse, transforment les fleuves en rouge vif. Comme si la terre saignait.

Fianarantsoa connaît bien Pierrot Men qui a son labo à l’entrée de la ville. De cette ville, il connaît tous les coins et recoins. Il les a appris depuis sa tendre enfance. « 0n ne photographie bien que ce que l’on aime » me souffle-t-il. C’est le Robert Doisneau Malgache.

Madagascar l'île rouge - Episode 1 : De Tananarive à Ambatolampy

Réalisateur : Marc MOPTY

« Ah la Nationale 7… » soupire un ami « Celle que tu vas prendre est bien différente de celle de Trenet. Tu vas traverser 5 pays en un sur près de I000 kms. Le pays Merina, le pays Betsiléo, Antaimoro et Bara, puis finalement le pays des Vezo sur le canal de Mozambique ».

Sur les hauteurs de Tana, la capitale, un petit air de Provence, sans Pagnol ni pastis, mais avec cette incontournable patience malgache pour jouer à la pétanque.

Non loin de là, les jardins de l’Ambassade de France fête le I4 juillet. J’y rencontre les différentes délégations, les notables, les Français de la métropole, des personnages « colorés » qui me parlent tous avec admiration de cette RN 7 qu’ils ont tous plus ou moins sillonné. Même le père Pedro, cet homme béni des Malgaches a fait la route.

Au « Glacier », lieu mythique, bar jazz-club, là où je me fait entraîner par mon ami, les filles font le « ventilateur » et attendent les « vazaha » les étrangers. Dimanche, gare routière du Sud. Les Malgaches ne peuvent pas se passer de cette route : ils y transitent ou s’y arrêtent. Ils l’utilisent ou l’abandonnent, ils l’accompagnent ou la suivent jusqu’au bout. RN 7 kilomètre 0. Alefa ! En avant !

Au KM 70, tous les taxi-brousse de Tana vers Antsirabe passent par Ambatolampy, petite ville typique de l’Imerina. Tous les Malgaches ont des cousins ou des frères sur cette RN 7. De puis des siècles, la fonderie et la forge étaient connus de la population locale qui fabriquait des outils et des armes en fer. Cette tradition a été conservée et aujourd’hui, c’est dans la fabrication d’objets en aluminium, bronze ou cuivre que se sont spécialisés les artisans d’Ambatolampy.

28 cordes de longueurs différentes, quelquefois des câbles de vélo tendus sur une caisse ou un bambou, c’est la valiha qui se joue comme une harpe. Ravoto est un virtuose.

100 kilomètres à faire pour atteindre Antsirabe, au gré des charettes qui traversent la route sans se soucier du code.

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