Un bateau pour Tombouctou - Episode 4 : Mopti – Tombouctou.
Réalisateur : Lautent Bouit
Pour rejoindre Tombouctou par le fleuve, il faut choisir entre la pinasse et le bateau de la Comanav, sachant que la traversée du lac Débo peut être extrêmement impressionnante si le vent se lève.
Pour ma part, je choisis de reprendre un bateau de la Comanav, le Général Soumaré. Voyager sur ces bateaux pendant plusieurs jours et plusieurs nuits est une expérience.
Le bateau transporte environ 200 personnes coincées entre des montagnes de marchandises et de pastèques. Il est possible de louer une cabine, mais attention à la fournaise qui règne à l’intérieur. Deux cabines climatisées sont disponibles par bateau, mais le prix est éxorbitant. Reste le pont, qui peut constituer le meilleur rapport qualité prix pour peu qu’on ne craigne pas la promiscuité.
Le Général Soumaré s’arrête régulièrement. Certaines escales permettent tout juste de mettre pied-à-terre, d’autres par contre sont assez longues pour aller découvrir la ville escale. Par contre, lorsque la sirène du bateau retenti, il faut courir pour remonter à bord. Le bateau n’attend pas les retardataires.Pendant les deux ou trois jours que dure le voyage, le paysage continu de changer. La couleur sable remplace peu à peu le vert des rizières, et les dunes viennent mourir au bord du fleuve.
L’arrivé à Tombouctou est tout sauf spectaculaire. Le port de Kabara est à une petite dizaine de kilomètres de Tombouctou. Il faut donc prendre une route pour rejoindre la ville. Lorsque j’y pénètre, ma première réaction est d’être déçu, car il n’y a pas grandes choses à voir à Tombouctou. Certes les trois mosquées de la ville sont remarquables par leur ancienneté, mais en rien comparables à celle de Djenné. Reste quelques rues à l’ambiance étrangement calme qu’il faut prendre le temps de découvrir.
Le mystère de Tombouctou est donc ailleurs, juste aux portes de la ville. Dès les dernières maisons dépassées, je me retrouve face au vide, entouré de silence, aux portes du désert. C’est bien ce qui fait le charme de Tombouctou, qui au-delà d’être un but, est aussi et surtout un point de départ vers l’inconnu, vers le Sahara. Ce désert qui fit la gloire de la ville et qui risque de causer sa perte, car il avance année après années en envahissant la ville. Je rencontre un homme, un musicien qui tient à me montrer les arbres que les Tombouctiens ont plantés suite à une de ses chansons. Quand j’arrive sur le site, à quelques kilomètres au nord de Tombouctou, je ne trouve que quelques arbres squelettiques. Leur combat contre les dunes me paraît dérisoire mais ce qu’il faut retenir, c’est leur histoire. L’histoire des arbres plantés parce qu’un homme a écrit une chanson. Quand les arbres ne seront plus là, on racontera encore cette histoire à Tombouctou.
14/03/08 :: Mali :: un commentaire


