ItinerairesMythiques

Itineraires Mythiques

Stuart Highway - Episode 4 : de Renner à Darwin

Réalisateur : Philippe Allante

Dans ma remontée vers le Nord, après avoir franchi le tropique du Capricorne, j’entame la traversée du « top end » de l’Australie. Ces mille derniers kilomètres devraient multiplier les contrastes et les rencontres inattendus comme seul l’Outback en a le secret.

Un jardin d’Eden au cœur du bush désertique, c’est possible. Dans la ferme du centre rouge tout pousse, mais la culture reine à Shatto Mango c’est la mangue. Avec un lac souterrain de 500 km2 et des réserves d’eau estimées à 4000 ans, le champagne à la mangue n’a pas fini de couler à flot chez John Crayford. Pour celles ou ceux qui n’apprécient pas les bulles, il y a la version glace à la mangue vendue dans la sympathique petite épicerie à prix raisonnables. C’est un délice avant de retrouver les lignes droites torrides de la Highway.

À Wycliffe Well, les scientifiques ne s’intéressent pas à la terre mais au ciel. Bienvenue dans l’endroit où il se produit le plus de phénomènes étranges en Australie mais aussi dans le restaurant du pub, qui propose d’excellents plats asiatiques, ça améliore sérieusement l’ordinaire en version « fish and ships ». Si le décor de la station tourne au folklore extraterrestre, le flegme et le regard étrange de Lew Farkas ne peuvent pas laisser insensible. Les explications de ce David Vincent de l’Outback pour expliquer l’inexplicable peuvent vous empêcher de fermer l’œil surtout quant au cœur de la nuit, il passe d’immenses vaisseaux à trente roues.

Après le carrefour de Three Ways, l’Outback vire progressivement au vert en version tropicale. La source d’eau chaude de Mataranka est un petit paradis après 15 jours de traversée des terres arides de l’Outback. Quand on n’est pas totalement en saison sèche, ce bain peut être le premier et le dernier, car à partir de maintenant il va falloir éviter celui qui règne sur les toutes les rivières et toutes les côtes de la région du « top end » : le crocodile ! À la fin de la saison humide, les redoutables prédateurs d’eau salée remontent à la faveur des inondations très loin dans les terres. Résultat, il peut être interdit de se baigner dans le superbe site de Katherine Gorge à cause des sauriens. Alors pas question de faire le malin en plongeant dans la rivière devant de ravissantes « backpackers » suédoises. Des sueurs froides, on peut s’en faire même quand on est un véritable « Crocodile Dundee » comme Charlie Manolis, le directeur scientifique de l’une des plus grandes fermes de crocodile de la région qui a plus de vingt ans d’expérience dans la pêche aux crocodiles en a fait récemment l’amère expérience. Avec ces bestioles ce n’est jamais la routine et la douzaine de points de suture à sa jambe en sont la preuve. Alors même si vous voyez des aborigènes faire trempette sous le pont d’Adelaïde River ne soyez pas tenté de les suivre si vous voulez arriver entier à Darwin.

Sur les rivages de la mer de Timor, la prédiction de Paddy Mchugh se réalise : du désert au déluge ! Après plus de 4800 kilomètres au compteur, il va reprendre la route en sens inverse pour rentrer jusqu’à Townsville dans le Queensland et continuer à œuvrer pour le respect et le développement raisonné des chameaux à travers l’Outback , mais aussi pour organiser des courses de chameaux et des concours de photos toujours en terre aride. Pierre-Jacques Ober qui a été aussi le grand inspirateur de ce documentaire va regagner Byron Bay à la pointe la plus à l’Est de l’Australie avec de nouveaux projets de documentaires ou de long métrage à filmer en tête. Quand moi, l’immensité de l’Outback sera gravée pour toujours dans mon esprit.

Contacts utiles

Red Farm Center : Tel. : 08 89 64 19 66 / Web. : www.redcentrefarm.com
Wycliffe Well : Tel. : 08 89 64 19 66 / Web. : www.wycliffe.com.au
Crocodile Farm : Tel. : 07 47 21 67 20 / Web. : www.crocodyluspark.com

Stuart Highway - Episode 3 : King’s Creek - Aileron

Réalisateur : Philippe Allante

L’accès des jeunes générations aborigènes à l’éducation mais aussi à une nourriture saine et équilibrée est l’enjeu majeur de l’Outback. Hermannsburg, est un exemple d’une évangélisation trop dogmatique des aborigènes qui est à l’image de son petit cimetière laissé à l’abandon. Cette oasis aux accents d’outre-Rhin est en fait l’émanation d’un rêve de pasteurs luthériens qui est conservé avec fierté par Andrew Egoroff. Ce lieu est aussi dédié à la mémoire d’Albert Namatjira, considéré comme le premier grand artiste aborigène par les blancs, car il représentait la nature de manière réaliste, même si ses paysages symbolisaient des visages d’aïeux ou d’esprits.

Une autre alternative dans l’art d’éduquer en respectant une culture vieille de plus de 50 000 ans, c’est celle pratiquée par Robert Evans, dans le petit hameau de Towbore. Avec lui, il n’y a pas de dogmes, seulement la volonté de partager, d’échanger des compétences et une liaison Internet par satellite pour s’ouvrir sur le monde. Mais Robert lui n’a hélas pas les moyens de l’école de Woomera, mais sa force de caractère lui permettra de déplacer des montagnes même au pays du temps des rêves.

Aujourd’hui les centres de peintures dans l’Outback c’est un peu un eldorado. Si les galeries en profitent grandement, ce sont aussi des grosses sommes d’argents qui à travers les artistes se répandent dans des communautés Aborigènes qui en ont bien besoin. Ikuntji est l’un des 40 centres d’art qui sont répartis à travers toute l’Australie. Ce qui est fabuleux en ce moment dans ce centre que Rachelle Burke dirige d’une main de maître avec Terry Larkin, c’est l’arrivée d’une nouvelle génération d’artistes qui semblent vouloir redonner une nouvelle âme à la peinture aborigène. Car l’immense succès commercial à selon moi tendance à transformer cet art à la base éphémère en art simplement décoratif. À Ikuntji, la beauté de la nature est tellement magique et les paysages naturellement impressionnistes qu’il est facile de comprendre que ce lieu n’a pas fini de faire parler de lui !

Alice Springs aussi, mais d’avantage pour des questions de ségrégation entre blancs et aborigènes. La capitale du centre rouge avec ces superbes galeries d’art comme la galerie Gondwana dirigée par Roselyn Premont une véritable experte en la matière ne fait pas oublier que la cohabitation avec les aborigènes reste très tendue. Dans cette vaste oasis, qui embauche des « Snakemans » comme Rex Neindorf pour aller déloger les serpents hautement venimeux qui s’invitent dans les maisons appâtés par les souris, qui elles sont attirés par les hommes, la règle de base semblent d’être de vivre chacun chez soi. Les hôtels, les pubs pour les blancs et les pelouses ou les bancs publics pour passer le temps pour les aborigènes. Le seul lieu où la cohabitation est tolérée comme par hasard ce sont les supermarchés. Bref, c’est un retour à la civilisation qui ne doit pas se prolonger trop longtemps, les véritables richesses de l’Outback sont ailleurs, le long de la Stuart Highway.

Contacts utiles

Hermannsburg historic station : Tel. : 08 89 65 74 02 / Mail : historichermannsburg@bigpond.com.au
Robert Evans : Tel. : 08 89 54 01 02 / Mail : town_bore@hotmail.com
Ikuntji Art Center : Tel. : 08 89 56 87 83 / Web. : www.ikuntji.com.au
Galerie Gondwana : www.gallerygondwana.com.au
Rex Neindorf - snakeman : Tel. : 08 89 52 89 00 / Web : www.reptilecentre.com.au

Stuart Highway - Episode 2 : Breakaways - King’s Creek

Réalisateur : Philippe Allante

La nuit et le réveil au pied des reliefs très colorés des Breakaways est un spectacle fantastique par une piste très accessible depuis Coober Pedy ou la Stuart Highway.

Faire la route en 125 cm3 à la fin de l’été austral sur la Stuart Highway encore brûlante, avec son ipod en panne est digne d’un véritable samouraï du bitume comme Morisawa Takehido.

Mintabie, est véritablement un décor à la Mad Max et quand on est à la recherche de personnalités qui sortent de l’ordinaire dans son unique pub, on est servi à condition d’aimer aussi la bière. Pour visiter et pourquoi pas tenter de manière régulière la recherche d’opales, David Lloyd est le personnage incontournable de ce bout du monde en version far-West où l’on peut s’acheter de quoi rendre la justice soi-même dans son épicerie.

En quittant la Stuart Highway pour la Laser Highway en direction de Uluru, vu le nombre de camping car et de minibus « Adventure tour », même si l’on est encore en basse saison touristique, je comprends vite que cette route mène au fleuron de l’industrie touristique de l’Australie. Moi je préfère la vie authentique aux cartes postales et celle qui se déroule autour de l’imposant Mont Corner vaut le détour. L’histoire de la famille Severin dans la station de Curtain Springs est une « Success Story » un peu rude qui en dit long sur l’évolution de cette région de l’Outback.

N’en déplaise à Ashley Severin, un bon chameau n’est pas un chameau mort. À l’inverse, Paddy Mchugh est un ardant défenseur des 4 millions de chameaux sauvages qui sont les descendants des premiers arrivants importés d’Afghanistan en 1860. Depuis 30 ans, Paddy fait tout pour qu’il ne soit pas considérés comme un fléau. Il en exporte dans les émirats pour des courses, il va aussi initier des aborigènes à l’élevage. Pour lui cet animal reste l’une des grandes richesses de l’Outback.

À Kings Creek, le boss, Ian Conway accepte sur sa terre que le bétail cohabite avec les chameaux. Mais pour lui l’autre grand enjeu de l’Outback c’est de permettre aux enfants aborigènes de recevoir une véritable éducation et il mène beaucoup d’actions concrètes pour cela. Enfin, à l’entrée de sa station, il y a un hélicoptère, qui permet en 30 minutes de survoler l’autre splendeur du cœur rouge de l’Australie, King’s Canyon. Au coucher du soleil, ce sont des paysages qui restent gravés à jamais dans votre mémoire.

Contacts utiles

Morisawa Takehido : Mail : morisawa-takehido@jp.panasonic.com
David Lloyd - Mintabie : Tel. : 08 86 42 20 35 / Mail : mintabietradingpost@hotmail.com
Curting Springs Station : Tel. : 08 89 56 29 06 / Web. : www.curtainspring.com
Kings Creek Station : www.kingscreekstation.com.au
Paddy Mchich : Tel. : 07 47 21 67 20 / Web : www.paddymchugh.com

Stuart Highway - Episode 1 : Port Augusta – Coober Pedy

Réalisateur : Philippe Allante

La carte d’Australie m’a toujours semblé irréelle. Comment un territoire d’une telle taille peut-il être doté en tout et pour tout d’un seul grand axe médian ? Pourtant cette route, c’est la STUART HIGHWAY que j’ai choisi de suivre du sud au nord : 3250 kilomètres de Port Augusta à Darwin.

Cette route mythique est un passeport unique pour découvrir l’Outback, ce pays de Nulle Part comme le décrit si bien Douglas Kennedy dans Cul-de-sac, un roman drôle et terrifiant à lire à tout prix pendant les 25 heures de vols vers l’Australie. C’est un remède parfait contre le décalage horaire.

Au volant Paddy Mchugh est une personnalité reconnue pour sa très grande expérience du milieu aride en Australie. À ses côtés, il y a Pierre Jacques Ober, qui a un flair hors pair pour trouver des lieux et des personnages uniques en Australie, mais aussi un sacré sens de l’image. Bref une « dream team » pour partir à la découverte de ce pays de Nulle Part où il y a plein d’êtres à part !

Le véritable point de départ de ce voyage, c’est Port Augusta. En dehors de sa prison ultra moderne qui est un clin d’œil au passé de cette île continent où les premiers habitants étaient surtout des bagnards, il y a un musée des pionniers qui vous met tout de suite dans l’ambiance avant d’attaquer le bitume surchauffé de la Highway.

Ken Dadleh qui veille sur ce lieu d’histoire vivante est un être très jovial qui révèle des anecdotes étonnantes sur la vie dans l’Outback. La rencontre du principal Stuart Knox et de son « Marine Center » qu’il a développé avec les écoliers reste une découverte véritablement inattendue dans une école de rêve, quand on voit les problèmes de l’enseignement publique en France.

Entre fin février et fin avril, la période est idéale pour dormir entre 18 et 22° en profitant des nuits à la belle étoile en étant confortablement installé dans un Swag, la seconde maison des pionniers.

Le premier grand choc visuel, c’est l’apparition des immensités blanches des lacs salés, comme le lac Gairdener. Dans les environs, il n’y a qu’un seul endroit ouvert 7 jours sur 7 et accueillant, c’est hôtel de Maria Perry à Kingoonya sur l’ancien tracé de la Stuart Highway. C’est vraiment une femme charmante qui n’a pas froid aux yeux.

À trois heures de route plus au nord, il y la Mecque de la vente d’opales, une ville atypique et presque entièrement troglodyte : Coober Pedy. À la fin de l’été, l’affluence touristique n’est pas celle de juin à septembre. La rue principale est souvent vide et on ne se bouscule pas dans les « shops » à opales. J’ai juste rencontré dans le « discount Opale » de George Boussios, un vendeur Grec, un quatuor de jeunes russes qui voyageaient aussi vers le Nord en combi Volkswagen comme dans le roman Cul-de-sac. Ce qui est vraiment une expérience à vivre c’est de dormir au camping underground. Il y a un petit côté Indiana Jones surtout quand on s’enfonce dans les longs couloirs souterrains éclairés par quelques puits de lumière.

C’est certain que le home sweet home de Murv Richard est beaucoup plus cosy. Ce néo-zélandais est très « pro-actif » et tout autant pragmatique. C’est un guide idéal pour découvrir le labyrinthe des mines de Coober Pedy mais surtout pour organiser des tournages dans les « spots » fabuleux du pur désert en version poussière et vide absolu !

Contacts utiles

Musée des pionniers Port Augusta : Ken Dadleh / Tel. : 08 8642 2035
Woomera School : Stuart Knox / Tel. : 08 3728 7867 / Web : www.woomera.sa.edu.au
Kingoonya Hôtel : Maria Perry / Tel. : 08 86 72 10 02
Riba's Underground Camping / Web : www.camp-underground.com.au
Discount Opal : George Boussios / Tel. : 08 8672 5690 / Web : www.discountopalhouse.com.au
Murv Richard – VIP TOUR COOBER PEDY / Tel. : 04 17 88 59 09 / Web : www.aridzone.net
Paddy Mchugh : Tel. : 07 47216720 ou 0427216720 / Web : www.paddymchugh.com
Pierre Jacques Ober – MEFA Films / Tel./Fax : +61 (0)2 66854385

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