Meduzot (Les Méduses) d'Etgar Keret et Shira Geffen
Avec Sarah Adler, Noa Raban, Gera Sandler...

Les méduses. Elles vont, viennent au rythme des courants, se laissent porter par les vagues, et parfois, s'échouent. C'est aussi le cas des personnages de Meduzot, chronique d'un monde entre rêve et réalité, véritable conte de fée moderne qui se déroule au cœur de Tel-Aviv. Peu loquaces et tous animés du même flegme, aucun d'eux n'est réellement maître de sa situation.

Ces petits fragments de la vie de chacun s'entremêlent avec légèreté pour créer une grande fresque poétique qui réfléchit sur le devenir de la société israélienne : Keren, jeune mariée, qui renonce à sa lune de miel aux Caraïbes après s'être cassée la jambe ; Batya, jeune serveuse dotée d'une maladresse maladive ou encore Joy, employée de maison philippine, au service d'une vieille femme sévère et revêche…

Tous ces personnages sans liens apparents coexistent pourtant harmonieusement dans cette métropole, sortant peu à peu de leur emmurement, faisant un petit pas vers l'autre. Mais la véritable symbolique de la beauté et du rêve dans ce film réside en fait dans cette petite fille aux grands yeux bleus. Sortie de l'eau ou plutôt de nulle part, elle illumine de son aura protectrice le cœur des protagonistes et avant tout, celui du spectateur.

Les deux réalisateurs Etgar Keret et Shira Geffen, à l'origine écrivains, savent manier les mots, les images et la musique avec une justesse infinie et une sensibilité rare. D'une scène à l'autre, d'un destin à un autre qui hésite entre souvenirs et devenirs, se laisse bercer et oscille entre sentiments mélancoliques et sourires amusés.

Meduzot est l'un de ces films qui enveloppe et transporte au rythme de l'écume, et qui insuffle magie et émotion, avec légèreté et poésie aux petits riens de l'existence. Tels des bouteilles jetées à la mer, acteurs et spectateurs se retrouvent, ensemble, embarqués dans cette grande croisière de la vie.

Constance Déchelotte et Anatole Tomczak du lycée franco-allemand de Buc