Voleurs de chevaux de Micha Wald
Avec Grégoire Colin, Adrien Jolivet, Grégoire Leprince-Ringuet...
Micha Wald, déjà réalisateur du court-métrage ''Alice et moi'', présenté lors de la 43e édition de la Semaine internationale de la critique, revient au galop cette année 2007 pour présenter son premier long métrage : un western sentimental.
Voleurs de chevaux est un condensé d'action entre poursuites et combats de sabres, qui traite d'une relation fraternelle entre deux couples de frères. D'un côté, Jakub et Vladimir. De l'autre, Roman et Elias.
Si beaucoup de choses semblent les séparer, beaucoup d'autres les rapprochent. L'absence de leurs parents - jamais nommés -, la complexité de leurs relations - ils ont besoin l'un de l'autre pour avancer... Une fraternité qui s'exprime différemment selon les duos : la relation entre Jakub et Vladimir, plus intime que celle, plus violente, entre Roman et Elias.
Le scénario, original ne se borne pas à explorer seulement les relations fraternelles mais s'intéresse également au thème de la vengeance. Vengeance qui donnera une nouvelle raison de "vivre" à Jakub, perdu après la mort de son frère, tué par Roman. Une quête de vengeance qui le mènera à devenir une sorte d'animal, violent, sans pitié et inhumain, cherchant juste à se venger, pensant peut-être "rester" avec son frère. Une façon en quelque sorte de faire son deuil.
Un deuil qui ne pourra se faire sans violence ; violence parfois choquante mais indispensable. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans les années 1800, en Europe de l'Est, et que se battre est monnaie courante. Heureusement, la couleur rouge sang contraste avec la couleur verte de la nature, délivrant un peu de pureté et de poésie dans un monde de brutes.
Micha Wald pose sa caméra dans des paysages somptueux qui reflètent une nature à l'inverse des émotions que ressentent les protagonistes dans leur corps à corps douloureux. Les costumes sont ancrés dans la froide réalité, s'y fondant avec justesse. Doublé d'une mise en scène recherchée, classique dans sa narration mais stylisée dans ses combats, Voleurs de chevaux étonne pour une première réalisation.
Si les coups reçus dans les affrontements sont ressentis par les spectateurs, il se dégage néanmoins une certaine froideur. Peut-être est-ce dû à la légèreté des dialogues ou au manque de conviction de la part de certains acteurs. Dans tous les cas, Voleurs de chevaux n'arrive pas toujours à nous émouvoir et c'est sans doute cela son principal point faible.
François René-Dupont, l'interprète d'Elias, malgré un certain manque de crédibilité, s'en tire correctement (pour un premier rôle au cinéma). Grégoire Colin, Grégoire Leprince-Ringuet et Adrien Jolivet complètent ce casting adolescent. Mais le nom à retenir est véritablement celui d'Adrien Jolivet : le jeune homme, charismatique et talentueux, a toutes les chances de se faire un nom ; du moins, on l'espère.
Manon Fumagalli et Kim N'Guyen du lycée Bristol