On n’est pas que des attachées de presse et heureusement, j’ai envie de dire sinon je me prendrais une pluie de giboulée de novembre de la part de tout le monde sur le plateau qui en aurait vite ras le bol d’entendre "Mouaaaaaaaaais".

Alors qu’est-ce qu’une attachée de presse à part "mouaaaaaaaaais" ? Et bien c’est une chose toujours très parfumée qui a donc deux objets de prédilection. Ça : un énorme téléphone datant du front populaire, et ça : un séchoir à cheveux. Donc ça c’est le portable de l’attachée de presse. Ben oui, elle n’a pas inventé le moteur à explosion et se mélange toujours les crayons quand il s’agit de mettre son portable dans son sac.
Donc le téléphone parce que dans son jargon elle fait beaucoup de phoning - à croire qu’il n’existe pas de mots de français pour qualifier son métier - dans le jargon des autres ce phoning c’est du harceling de journalistes mais bon...
L’autre objet : le séchoir. Parce que l’attachée de presse a toujours une choucroute sur la tête même quand c’est un homme et qu’il a la nature de cheveux de Sim. Et une choucroute, ben ça s’entretient.

Figurez-vous qu’il existe une école pour apprendre à être attachée de presse et donc faire (je décroche le téléphone et compose un numéro) "oh crotte, je me suis trompée j’ai les doigts trop gros, ça rentre pas". Et nous avons un concours d’entrée un peu compliqué « alors maintenant question piège : quel est votre prénom ?" très certainement. 4 ans d’études pour faire "Mouaaaaaais il faut que tu fasses un papier sur mon client, il est super cool" moi je dis, ça les vaut.
L’air de rien, ces spécialistes en téléphonie et gloussaderies, se tapent des études presque aussi longues que véto. Pour donc apprendre à faire ça (j’enlève une boucle d’oreille pour téléphoner et miaule) "bonjour j’aimerai parler au responsable beauté, s’il vous plait".
Alors vous allez me dire "ben quoi, rien de mal à appeler un magazine pour vendre des produits beauté".
Ben oui sauf quand on voudrait parler au responsable beauté et qu’on téléphone à la rédaction de Tracteurs et semi-remorques magazine, spécialité de l’attachée de presse un peu perdue dans ses listings.

J’ai moi-même eu affaire à des attachées de presse sans doute portées sur la bibine qui essayaient de me refourguer des bouquins de philosophie, avec tellement de pages qu’un seul exemplaire a dévasté la forêt amazonienne. 

Alors que je m’occupais de la rubrique télé/radio d’un magazine pour jeunes à voix non muée (les imitant) genre "bonjour madame", qui avaient essayé de se suicider au couteau à beurre en apprenant la mort de Kurt Cobain et qui étaient persuadés que Heidegger était une marque de baskets…

Qu’apprend-on réellement pendant ces 4 ans d’études ? Et bien on apprend la théorie des T et des V, Karine. Et là je vois à vos regards que je suis absconse… voire absconne ! Alors : T comme "tutoiement" et V comme "vouvoiement". Je m’explique, être attachée de presse c’est être un tronc, un téléphone greffé à l’oreille. Et tous ces journalistes qu’on appelle 15 fois par jour, ben, on finit bien par les tutoyer un jour où l’autre. Mais comme on en appelle 35 par jour, on ne sait plus qui l’on tutoie et qui l’on vouvoie. Et il est considéré comme faute grave dans le métier de se mettre à vouvoyer une journaliste qu’on a tutoyé 10 minutes avant… Mais en même temps on est attachée de presse pas prix Nobel de Chimie. Donc on note pour se souvenir.
 
Parce qu’il faut savoir que le cerveau de l’attachée de presse ne fonctionne pas comme nous. Et par conséquent elles n’ont pas le même langage. Par exemple, on entend souvent sortir de leur bouche un "waouw hummmm chouuuuuuuuuu". Ce qui veut dire qu’elles aiment vos pompes. Un "beuuuuuuuurk grhhhhhhhhhh pouaffffffffe" signifie clairement un "j’aime pas quand ça mouille les cheveux, la pluie". C’est juste une histoire de décodage, on comprend assez rapidement, finalement.

En conclusion, il y a un truc super chouette avec les attachées de presse c’est qu’elles font des cadeaux. Et en cette période de pré Noël, pensez à moi les filles, j’ai super envie d’aller en voyage de presse goûter des cocktails avec des petits parapluies chinois dedans…

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"Ayant déclenché une levée de boucliers de la part des attachées de presse qui se sont senties humiliées par ma chronique, je me devais de m’expliquer…

Depuis plus d’un an maintenant je présente une chronique satirique. Elle ne reflète pas la réalité (et heureusement !), quel qu'en soit le sujet. Je ne prétends pas non plus faire une chronique en tant que journaliste mais en tant qu’humoriste. Après on a le droit de trouver mon humour « à chier » (On a aussi le droit de l’aimer, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le pense. Si si).
 
Imaginez-vous que j'ai été moi-même attachée de presse. Je me moque donc en premier lieu de ma propre tronche... Et je ne pense pas que quelqu’un puisse croire une seconde qu’une attachée de presse trimballe dans son sac un énorme téléphone en bakélite en guise de portable…
 
Déclencher un raz-de-marée dans la profession n'était pas du tout dans mon intention. Et si j’ai été maladroite et blessante, je vous prie de m'en excuser.
 
Et comme disait Thomas Stearns Eliot, qui n’était ni attaché de presse ni journaliste, sachez que « seuls ceux qui se risqueront à peut-être aller trop loin sauront jusqu’où il est possible d’aller ».
 
On n'est pas toutes…irréprochables."