Je ne sais pas si vous avez remarqué comme on vit parfois des grands moments de solitudes lorsqu’on nous fait remarquer que nos expressions sont complètement désuètes.

Des expressions "top ringues" aujourd’hui alors qu’on les avait intégrées à notre langage quotidien depuis la cour de récrée !

Exemple, est-ce qu’il vous arrive encore de dire "Laisse Béton", titre d’une chanson de Renaud des années 80. Aujourd’hui, les plus jeunes ne connaissent de lui que Manhattan Kaboul avec Axelle Red.

Dans la même veine, est- ce que "c’est trop bath" vous échappe parfois ? Si c’est le cas, c’est naze.

Dans la série des expressions nazes à ne pas ressortir, il y a aussi : "Cool Raoul" !

Et vous vous souvenez de ses acolytes ? Max et Blaise. "A l’aise Blaise" "Relax Max" ? Il y avait même chauffe Marcel. Qu’on ne dit plus aujourd’hui !

C’est vrai que nous avons aussi été la génération des "super génial méga cool" remplacé par "c’est énorme" ou "je kiffe grave" ou plus sobrement : "j’adôôre".

Génération aussi des "C’est cela oui", ou alors "ça dépend ça dépasse", Vous vous souvenez d’où viennent ces expressions ? Du Père Noël est une ordure.

Dans la série des films dont les répliques sont restées des expressions populaire, il y avait aussi : "on est pas bien là, à la fraîche, détendu du gland". Réplique des Valseuses. Maintenant on est nettement moins détendu du gland, mais plutôt "tendu comme un string". Expression née dans les années 2000 après l’explosion du string fin 90.

Les films publicitaires ont aussi fabriqué des répliques telles que "parce que je le vaux bien". Quand vous dite ça, faites le geste qui va avec, comme Claudia Schiffer avec ses long cheveux, même si vous n’avez pas de longs cheveux.

Les années 2000 ont démarré avec des expressions qui ne veulent souvent rien dire comme "c’est clair", réponse que l’on donne à quelqu’un que l’on n'écoute pas… Plus récemment, dans la bouche de nos ados, on entendait l’insupportable "trop pas" qui a remplacé notre "relou" ou "vegra".

Les années 2000 sont aussi celles de "C’est de la bombe", expression en voie d’extinction que vous pouvez remplacer actuellement et selon la région par "trop sa race".

Ce qui est marrant, c’est de constater que dans notre dictionnaire, de nouveaux mots apparaissent chaque année. Amusez vous à comparer votre vieux dico des années 80 avec une édition plus récente.

Le verbe "kiffer" par exemple, fait partie du dico depuis 2005. Alors que mon correcteur d’ordinateur le souligne toujours en rouge, comme s’il n’existait pas. Cette année, dans le petit Robert, les mots cacheton, sex shop, ripeur, ou blogosphère ont fait leur entrée.

Aujourd’hui, au bureau, à la maison, il n’y a pas une journée, une réunion sans que l’on utilise le langage qui se rapporte à l'ordi. Des mots comme mail, internet, site, bug, wifi, télécharger, Jpeg, méga, clé usb, dont on ignorait la future existence quand on était petite.

Pour finir, on a toutes les expressions qui viennent de l’étranger et bousculent les bonnes manières françaises.

Le fameux : "je reviens vers toi (vers vous)", présent à chaque fin de mail ou de lettre, vient par exemple de l’expression anglo-saxonne, I come back to you qui signifie "Je vous tiens informé".

On vit aussi une époque de crise pas seulement financière. Dans un souci d’économie de temps, on raccourcit aussi les mots, c’est la tendance troncature répandue dans les textos et réutilisée ensuite oralement.

C’est le cas par exemple de la formule : "LOL" Laughing Out Loud, qui signifie rire à gorge déployée, que nous avons aujourd’hui remplacé par mort de rire, voire "mdr".

Alors beaucoup d’entre nous sont souvent "mdr" mort de rage en observant cette évolution du langage, comme si elle était aujourd’hui appauvrie. Sauf que des mots ou expressions qui meurent, et d’autres qui apparaissent, c’est un peu ça une langue vivante ! Allez, "A toute".