Le blog des reporters à cannes : le prix de la jeunesse sur france 5

Les deux Jeunes Reporters sélectionnés par France 5 tiennent ici le carnet de leur séjour au Festival de Cannes. Toutes les news, photos et vidéos du plus grand Festival de cinéma sont sur le Blog des jeunes Reporters France 5.

Cannes-réalité

Vous vouliez tout savoir ? Aujourd’hui, je suis en panne d’inspiration.

Voici donc, examinée sous toutes ses coutures, une journée-type festival de Cannes, quand vous êtes l’un des soixante jeunes sélectionnés par le ministère. Comme ça, vous verrez si ça vaut le coup d’essayer…

-8h (7h si vous avez la niaque ou si vous êtes timbré, 9h si vous avez la flemme ou si vous êtes raisonnable) : vous vous réveillez dans votre lit de la résidence Maéva, petit mais confortable, pour constater que le sol est recouvert de petites mottes de sable, souvenir probable de votre nuit de débauche sur la plage. Vous vous récurez tant bien que mal, vous évitez de vous regarder dans le miroir, vous faites attention à ne pas réveiller votre voisin de lit qui s’est endormi la tête sur son clavier de portable. Vous descendez les sept étages, pas trop vite, hein.

-8h30 : succulent petit-déjeuner où vous faites l’expérience du saucisson-nutella (de toute façon, au bout de deux jours, vous ne sentez déjà plus rien). Vous vous amusez à quantifier et classer les dépravations physiques de vos camarades.

-9h : vous téléphonez, hésitant, à votre collègue-reporter-France5 de sexe féminin pour savoir si elle est aware. ‘‘Mwouallôo ? !’’ ‘‘Euh ça va je te réveille pas si je sens que je te réveille tu vas me défoncer la tronche n’est-ce pas ?’’ ‘‘Sans blague…’’

De dépit, vous partez vers la Croisette avec les quelques allumés déjà sur pieds.

-9h30 : votre bus est arrivé, Cannes semble morte (et pour cause, son pouls est faible). Il vous reste 1h avant la rencontre professionnelle, que vous décidez d’utiliser à bon escient en faisant un tour au Marché du film. Vous vous perdez alors dans le dédale de couloirs encore inanimés d’un des plus grands sites de vente de films au monde.

-10h30 : vous vous dirigez tout doucement vers la maison des associations, où doivent se réunir les soixante jeunes. Vous êtes maintenant plutôt réveillé, tout excité en pensant au(x) film(s) que vous pourrez voir et aux rencontres que vous pourrez faire durant la journée.

-11h : la rencontre professionnelle a commencé à la maison des associations. Une gentille hécatombe a eu lieu, puisque vous êtes à peine 30 présents (sans compter ceux qui ont piqué du nez après avoir posé le bout de leur fesse gauche). Bizarrement, vous ne vous endormez pas durant cette heure et demi, car le critique / réalisateur / producteur… que vous écoutez a des choses très intéressantes à vous dire. Si vous n’êtes pas là, c’est peut-être aussi parce que c’était votre jour d’atelier et qu’en compagnie de trois autres jeunes, vous réalisez un incroyable reportage sur un cinéaste et son œuvre (expérience très riche).

-13h : c’est à partir de là que vous prenez en charge votre destin. Le reste de la journée vous appartient, vous pouvez décider de l’utiliser au max ou de faire des strip-Uno (buvez un peu avant, quand même). Sinon, vous passerez l’après-midi à voir des films, rencontrer des gens, courir à droite, à gauche, bref, à vous éclater (et avant vous aurez pris soin de vous ressourcer pour 10euros à la Boule d’or en essayant de les arnaquer sur les saucisses).

-19h30 : on peut dire que c’est à partir de là que la soirée commence, puisque vous aurez peut-être l’occasion de faire votre première montée des marches avec costard obligatoire, stars/strass à la pelle. Si c’est Eastwood, vous pleurerez, si c’est Garrel, vous rirez. En tout cas, vous passerez un grand moment.

-23h : c’est l’heure de faire la fête, mes amis. Deux options : soit vous courez de l’un à l’autre des trois hôtels de ouf cannois (Majestic, Carlton, Martinez) dans l’espoir de faire de belles rencontres (certains n’ont pas été déçu), soit vous allez vous pochtroner sur la plage. Les deux ne sont pas incompatibles, la deuxième découlant souvent de la frustration engendrée par l’échec de la première.

-2h : ? (c’est à peu près ce qui vous reste en mémoire après le dixième Ricard – et c’est peut-être mieux pour vous…)

-4h : vous rentrez en taxi, vous vous faites arnaquer sans vous en rendre compte, vous videz votre portefeuille du fric que vous n’avez déjà plus, vous regagnez votre chambre en rampant, vous vous écroulez sur votre lit comme un sac (si vous avez de la chance, en compagnie d’une jolie créature). Vous dormez. Pas assez.

Ainsi pendant une semaine. L’est pas beau le festival ?

Jibé

Impressions cannoises

Après le débriefing cinématographique (et les quelques débats "amicaux" qui en découlent), laissons place cette fois à un ressenti plus personnel.

Tout d'abord, quelques mots sur cette expérience assez "extra-ordinaire" qui nous a été donnée de vivre. Une semaine à 60, tout frais payés, accréditations à la clé. Le pied.

Ce que j'ai le plus apprécié, c'est le côté hétéroclite de notre groupe, réuni au final autour d'une passion commune (non, Jibé, je ne parle pas du pastis, quoique...). Apprentis réalisateurs, critiques, journalistes, chanteurs, auteurs... Des parcours divers pour des personnalités souvent fortes et attachantes. Et surtout motivés pour un jour percer dans le métier. Vous l'aurez compris, ce festival a aussi été l'occasion de belles rencontres amicales qui, je l'espère, perdureront dans le temps.

Côté ambiance sur la Croisette, mon engouement est plus limité. Avant de partir à Cannes, voilà ce à quoi je m'attendais : glamour, strass et paillettes. Voilà ce que, dans l'ensemble, j'y ai trouvé : strass et paillettes. Pour le côté glamour on repassera ! Je m'explique : Cannes est l'endroit de la démesure. Dans tous les sens du terme. Beaucoup de gens viennent ici dans l'espoir de s'y faire remarquer. Au bout de 2 jours, j'ai cessé de compter le nombre de jeunes filles on dira... "en tenues légères" qui faisaient le pied de grue en bas des marches, devant les soirées privées et les grands hôtels.

Et oui, il n'y a pas que des brushings et des robes longues à Cannes...Il y a aussi des blondes peroxydées et du micro-short (attention, hein, je n'ai rien contre les blondes!). Quant aux stars, elles restent difficilement accessibles, souvent "parquées" derrière toute une tripotée de gardes du corps body buildés... A mes yeux, Cannes renvoie beaucoup à cette distinction : il y a les stars d'un côté, et vous de l'autre. Et dans les "stars", il n'y a pas que des acteurs...Une bien belle pensée d'ailleurs pour Eve Angeli, son jean taille basse et son string remonté jusqu'aux côtes et pour Francis Lalanne, à la chevelure toujours impeccable...

Cannes, c'est aussi ça : des foules qui se bousculent et qui se marchent dessus à la moindre occasion, avec des interventions fréquentes de pompiers pour ceux qui s'évanouissent. Des gens qui attendent avec des pancartes pendant des heures dans l'espoir que vous leur donniez une invitation pour un film. Des personnes qui n'hésitent pas à vous doubler dans les queues au cas où la projection se ferait à une place près. Des taxis qui doublent la course car ils pensent que vous êtes étrangers. Des verres de vodka à 20euros et des sandwiches à 5. Des filles cokées perdues dans les soirées... Au final du tout, sauf vraiment glamour, non?

Mais si on s'éloigne un peu de tout ça, il reste tout de même encore un peu de magie. Avec certaines projections, qui vous prennent aux tripes et vous laissent sans voix. Des montées des marches, émouvantes ou spectaculaires .Des rencontres fortes avec des gens du métier, comme les réalisateurs ou les producteurs, bien plus accessibles que les acteurs (Jean-Stéphane Sauvaire, le réalisateur de Johnny Mad Dog, pour ne citer que lui).

Cannes, c'est ça. Il y a de tout, partout. Du bon et du mauvais. Du class et du glauque. Tout dépend en fait de ce que vous en attendez, de ce que vous voulez en faire. Cannes, c'est vrai, est le lieu de la démesure, et donc de toutes les possibilités! A bon entendeur...

Flore

Humain, trop humain

J’avoue, quand ma collègue et amie parle avec autant de zèle, de passion et de force persuasive, je tomberais presque amoureux (mais je n’en ferai rien, car je sais qu’elle en meurt d’envie).

Oui, cette palme d’or est décevante, en ce sens qu’elle a sûrement beaucoup trop sacrifié l’essence propre du cinéma sur l’autel de l’engagement. Et il suffit de voir, trois jours à peine depuis la consécration, les remous qu’elle provoque dans le peuple françois : on apprend que « La mère d'un jeune acteur d'Entre les murs pourrait être régularisée ». La procédure (qui n’est en fait que l’obtention d’un visa) est voulue par des centaines d’immigrés en France, et je serais curieux de savoir si une palme d’or peut faire office de passe-droit. Cela agacerait, quand même. Bien sûr, je caricature un peu les évènements, mais ils restent significatifs de ce que l’art peut avoir de déviant quand on élude l’aspect « subjectivité créatrice » au profit d’outil politique et social. Quand on lit enfin que le film ne fera sûrement pas un carton en salle (effet Cannes dissipé pour cause de sortie plutôt lointaine) mais qu’il sera une arme redoutable pour l’écran de télévision auquel il se prête particulièrement bien, on se dit que la magie du cinéma, dont parlait Flore précédemment, a vraiment disparu.

Passons.

Mais du coup, revenons sur ce qui aura pu nous faire rêver à Cannes. Tout doucement, hein, l’introspection ne s’offre pas, c’est une quête de tous les jours, un fil intérieur à dérouler à l’inverse des spaghettis sur la fourchette.Il nous faudra un peu de temps pour avoir le recul nécessaire sur cette semaine de folie.

Aujourd’hui, j’évoquerai l’aspect humain de notre expérience. Il est à multiple facette, pas entièrement positif, mais forcément riche. Il englobe les 58 autres jeunes, l’équipe d’encadrement, les cannois, les stars et tant d’autres. Les jeunes venaient tous d’horizons différents, la plupart français, en tout cas européens. Vous imaginez les étincelles que peuvent produire le choc entre 53 âmes passionnées (on en délaisse sept, celles composant le Jury Jeunes, qu’à notre grand malheur nous n’avons pratiquement jamais vu), toutes avec leur maturité propre qui se déployait à travers leurs expériences de journalistes, critiques, réalisateurs, scénaristes (il faut quand même souligner que certains sont déjà semi-professionnels)… Ajoutez à cela ceux venant des pays voisins (mes préférés-les allemands sont délirants et les suédoises, craquantes), les quelques ‘tâches’ qui n’avaient rien à voir avec le milieu audio-visuel et insufflaient un peps incroyable à la communauté, et vous aurez ce qu’il faut pour vous enrichir à fond pendant une semaine (sans compter qu’on est tous jeunes, qu’on aime tous boire et qu’on aime tous terminer à 4h du mat complètement défaits sur la plage).

L’équipe d’encadrement était du même cru, ça a été un vrai plaisir d’évoluer avec eux. Quant à l’atmosphère cannoise, les habitants et ceux qu’ils vénéraient sur le tapis rouge (bon, je l’ai fait aussi), le constat est bien sûr ambivalent. On se dit que tout ça est une mascarade, un spectacle de zoo réservé au mondain moyen, et que la fièvre réside avant tout dans le strass et non dans l’art. Pourtant, comme dans toute situation extrême, on se laisse aller, on parle avec les gens pour découvrir qu’ils sont très sympas, on bégaie avec les stars pour découvrir qu’elles sont humaines et, les lumières, la musique, le mouvement de masse aidants, on en conclut que c’est une expérience à vivre… pour quelque temps seulement.

Notre temps a été celui qu’il fallait, on ne l’a pas vu passer, et personnellement je recommence sans hésiter, car Cannes est quand même très humain.

Jibé

Un palmarès qui me laisse perplexe

Bonjour à tous,

Le festival étant terminé, je vous adresse un petit post pour vous faire part de mes premières impressions quant à cette 61ème édition.

Tout d'abord, quelques mots sur le palmarès.

Je ne vous cache pas ma surprise quant au choix du jury concernant la palme d'or. "Le film qui l'emportera devra être engagé", son cinéaste "conscient du monde qui l'entoure" avait prévenu Sean Penn au début du festival. Pas étonnant donc qu'"Entre les murs", de Laurent Cantet, ait remporté la récompense suprême. Même si, personnellement, je reste un peu décontenancée par ce choix. Pour plusieurs raisons. Je comprends que le jury ait souhaité valoriser un cinéma engagé. Soit. Quand on voit tout ce qui se passe dans le monde à l'heure actuelle, on s'attend à ce que les cinéastes l'exposent un minimum à l'écran. Mais de là à élire un film aux allures de documentaire, il y a un pas. Un pas de géant, même. Déjà franchi en 2004 avec Fahrenheit 9/11 de Michael Moore. Un choix culotté qui ne m'avait pas franchement convaincu. Car je reste en effet accrochée à cette idée que le film palmé doit être tout à fait exceptionnel, doit me faire réfléchir, certes, mais surtout "voyager". Un message dissimulé derrière toute une histoire, tout un scénario, toute une mise en scène esthétique aura beaucoup plus d'effet sur moi qu'un simple documentaire. Le film de Michael Moore m'avait notamment dérangé sur ce point. Le côté "viens, je te prends par la main et je vais te montrer, à toi spectateur crédule, la réalité du monde", m'avait en effet fortement agacé. Je suppose que j'ai un petit peu cette même sensation avec le film de Laurent Cantet, même si sa démarche semble moins présomptueuse.

Personnellement, ce cinéma-là ne me fait pas rêver. Où est la belle époque ou l'on récompensait des films comme "taxi driver ", "Apocalypse now", "Pulp Fiction", "La leçon de piano", "Sailor et Lula" ou encore, plus récemment, "Le pianiste"? Voilà un cinéma qui me transporte, voilà un cinéma audacieux qui prend des risques. A la décharge du jury, on ne peut pas vraiment dire que 2008 ait été d'un grand crû cinématographique.

Comme je vous l'écrivais dans de précédents posts, j'ai trouvé dans l'ensemble que les réalisateurs avaient été assez "frileux", en abordant des thèmes classiques, souvent glauques et pornographiques. Pas de quoi s'enthousiasmer, pas de quoi provoquer chez moi des sensations fortes. Avec quelques exceptions, tout de même, comme "My magic", petit bijou de sensibilité, ou encore "Johnny Mad Dog", un film assez dérangeant sur la condition des enfants soldats au Libéria (si cela vous intéresse, vous pouvez trouver un reportage sur ce film dans la catégorie vidéo de ce blog).

Deux films, à ma grande surprise, complètement ignorés dans le palmarès.

Vous l'aurez compris, j'attends d'un film qu'il me transporte, qu'il suscite en moi une émotion, et pas nécessairement positive. C'est peut-être une conception un peu naïve des choses, mais je l'assume. J'aime être happée par une histoire, j'aime être embarquée dans un scénario, dans une mise en scène. Je n'aime pas qu'on m'impose un sentiment, une réflexion. Le cinéma doit pour moi laisser des portes ouvertes. Le documentaire est un sentiment complètement différent, qui, c'est certain, peut m'informer, mais qui ne me fera certainement pas rêver. Mais, on est bien d'accord, tout cela reste une question de subjectivité !

Entre les murs, de Laurent Cantet, Palme d'or du 61éme festival de Cannes

Flore

Tuplan, Prix de la Jeunesse 2008

Le prix de la jeunesse 2008 a été attribué à « Tulpan », premier long métrage du cinéaste Sergeï Dvortsevoy, déjà connu pour avoir réalisé certains documentaires.

L’histoire, en quelques lignes : Asa, jeune berger Kazakhe, veut épouser Tulpan. Mais celle-ci s’y refuse, estimant que son prétendant à des oreilles trop grandes et trop décollées… Tout un programme ! Pour être très honnête avec vous, je ne partage pas vraiment le choix de mes petits camarades du prix de la jeunesse, mais je peux le comprendre.

Je reconnais en effet bien volontiers de nombreuses qualités à ce film. Tout d’abord : le dépaysement total. Sergeï Dvortsevoy nous transporte dans un Kazakhstan splendide et fascinant, avec des steppes à perte de vue. Le côté « tranche de vie » est lui aussi intéressant : comme je vous l’écrivais précédemment, l’histoire n’est pas franchement passionnante mais reste l’occasion de découvrir un peuple que l’on montre rarement à l’écran.

Personnellement, je n’y ai pas appris grand-chose, sans doute car j’ai l’habitude de squatter les chaînes documentaires du câble la nuit (insomnie quand tu nous tiens). Mais il était fort plaisant de voir comment s’organise la vie de ces fermiers nomades du fin fond de l’Asie Centrale. A l’exception d’images pornographiques, d’un cliché de la princesse Diana et de la chanson « Rivers of Babylone » de Boney M, cette communauté n’a en effet aucun contact avec le monde extérieur. Reste que le film pêche un peu par sa lenteur, sans doute liée à de trop long plans-séquence et à un manque cruel de dialogues. Une lenteur voulue, j’en suis sûre, car sans aucun doute fidèle à la réalité. Mais il n’empêche que du coup je me suis un peu ennuyée, il faut bien l’avouer. (aie, ça y est j’ai lâché le mot, et c’est là que je me fais taper sur les doigts par mon acolyte Jibé). Allez, soyons fou, je vous dis tout : il m’est arrivé de somnoler…J’en connais même qui en ont profité pour terminer leurs nuits (non, non, je ne vous lâcherai aucun nom, solidarité du prix de la jeunesse oblige).

Mais que voulez-vous que je vous dise : qu’une petite fille qui chante faux (mes oreilles ont vraiment souffert) une chanson pendant 5 minutes, ça me plait ? Qu’un gamin qui perce les points noirs dans le dos de son père pendant 10 minutes, ça me transporte ? Et bien pas vraiment. Reste que si vous êtes adepte du genre, foncez voir ce film à sa sortie. Mais veillez à vous faire une bonne nuit avant…

« Tulpan », de Sergeï Dvortsevoy

Ne partez paaaaaaaaaaas !

Ne partez paaaaaaaaaaas !

On revient, on revient, on a attrapé de justesse notre correspondance, notre voyage cinématographique peut continuer…

Oui, ce blog a eu une carence en messages ces derniers jours. C’est que nous autres, jeunes reporters, avons eu une carence en temps, puisque tout notre samedi a été occupé par des rencontres professionnelles et la remise du prix de la jeunesse, auquel nous étions directement rattachés. Enfin, dimanche, il y a eu notre départ, et la fin du festival.

Maintenant que tout le monde sait tout, nous pouvons émettre quelques réflexions éparses sur les films primés à droite, à gauche. Quelque chose nous fait froidement rire : Flore et moi n’avons vu aucun des films consacrés de la compétition. Difficilement accessibles, nous avons pourtant assisté à pas moins de huit d’entre eux, dont certains étaient magiques, mais qui n’ont apparemment pas convaincu le jury (l’oubli de My magic et Changeling est pour moi une erreur). Sean Penn a donc bien tenu ses promesses : ce fut un festival engagé. Des prix pour Che, Il Divo, Gomorra et bien sûr Entre les murs de Laurent Cantet. Il était évident que les films italiens monteraient sur le podium, par leur nombre et leur vision sans concession du pays. On n’est pas surpris également du prix d’interprétation pour Benicio del Toro : c’est le genre de rôle historique colossal, où l’acteur ne compose pas mais endosse, qui peut vraiment impressionner. Les trois singes, de ce qu’on a entendu, mérite vraiment le prix de la mise en scène, car il doit être l’un des films présentés qui fait le plus cas du matériau proprement cinématographique pour raconter son histoire.

Quant à Laurent Cantet, The big surprise, on le remercie pour le cinéma français, privé de palme d’or depuis 21 ans. J’attends de voir par moi-même, mais je ne doute pas de la sincérité émotionnelle des jurés quant à ce film sur l’éducation, le jeunesse, dans la lignée directe de L’esquive de Quechiche. Je suis quand même curieux de savoir si le long-métrage vaut autant par sa thématique et son traitement apparemment tout en finesse du milieu scolaire que pour ses formes et son esthétique. En somme, savoir s’il ne fait pas plus docu aride que fiction inventive.

Le prix de la jeunesse accordé à Tulpan (Sergeï Dvortsevoy) est également une grosse surprise et, pour l’avoir vu, me réjouit. Pour sûr, là, on est dans l’esthétique du documentaire, avec de très longs plans-séquences et une trame narrative suivant la vie d’une famille du Kazakhstan, aux rebondissements pas plus gros que les soucis des différents membres. Seulement, voilà, leurs soucis, à eux, sont différents des nôtres. C’est être capable de déménager une yourte entière, survivre par l’agriculture, faire accoucher soi-même et à mains nues un chevreau puis le ranimer grâce au bouche à bouche alors qu’il est encore parsemé de bouts de placenta… Vision brute d’une vie qui nous est inaccessible et que nous ne pourrions pas endosser et qui, par conséquent ne manque pas de nous faire réfléchir sur notre propre condition. Petit jury a donc même prétention que le grand !

Aujourd’hui, nous sommes rentrés, le festival est terminé, et je patauge dans mon gros coup de blues. Pourtant, je ne vous dis pas au-revoir. Ce blog a marché et peut encore s’enrichir. Toute cette semaine, nous continuerons à poster pour revenir sur notre périple, sur des films oubliés, sur les réactions des autres jeunes invités et, cette fois, nous prendrons grand plaisir à rebondir sur vos commentaires, car nous en aurons le temps.

Et qui sait, pour peu que vous nous aidiez, si espace d’échange cinématographique ne va pas durer et s’élever…

Jibé

Bientôt le vainqueur du Prix de la Jeunesse...

Je sens que ce post va être bordélique.

C'est pas qu'il me reste une demi heure avant de me faire éjecter de la salle et qu'un reste de gueule de bois cannoise m'empêche de me concentrer, mais presque. Heureusement, comme disait l'Autre: "il faut nourrir en soi un chaos immense pour enfanter d'une étoile qui danse" (ça y est, je l'ai placée). Vous n'avez qu'à considérer qu'en vous balançant des infos sans fil conducteur, ce post sera étoilé.

Donc, il nous reste un jour à Cannes. Snif. A mon grand malheur, je ne pourrai pas vous offrir un autre petit montage vidéo. Snif bis. Le ciel est grisouillant (j'aime bien ce néologisme, pas vous?). Snif ter. Et, surtout, j'aimerais rester encore et encore.

Les dernières journées ont été très chargées. En plus de The coup de cœur cinématographique (My magic, d'Eric Khoo, dont flore va vous parler et qu'on aimerait bien voir remporter la palme), nous avons eu l'extrême chance d'assister à la leçon de cinéma donnée par Quentin Tarantino. Un grand moment, je vous le dis. Il arrive, habillé en crooner, la stature imposante, les bras courants dans tous les sens, dans une salle bondée. Et pendant deux heures, il nous parle de son cinéma en rebondissant sur les questions de Michel Ciment, enseignant-chercheur émérite de la Sorbonne Nouvelle (ma fac, pour ceux que ça intéresse ou qui seraient aussi concernés...). C'est une vraie pile électrique, probablement doté d'un troisième poumon, capable de faire des dysgressions dans les dysgressions des dysgressions et de s'y retrouver quand même, avec une débit de parole hallucinant et plutôt marrant quand son timbre jongle avec les aigus. Very cute.

C'est surtout un redoutable enfant aux yeux pétillants, qui semble être capable de concevoir les plus ingénieuses formes cinématographiques avec une facilité déconcertante. Chacun de ses propos a été appuyé par un ou deux extraits de ses films, et nous en savons un peu plus maintenant sur les mécanismes de son esprit, ou comment il parvient avec tant de justesse à faire ces films violents et bavards, jouissifs et (post-)modernes. Et, bien sûr, tout cela à grand renfort de "fucking" (la patte tarantinesque). Il a quitté la salle en héros. Sinon, la vie a pousuivi son cours sur la croisette, avec de plus en plus de fatigue accumulée, de films savourés...

Et hier soir fut une belle expérience de cinéma sonore, puisque le ciné-plage a été introduit par un concert d'une heure reprenant les musiques planantes de Twin Peaks, de David Lynch. Imaginez-vous sur un transat, les pieds dans le sable, l'atmosphère chaude et le soleil couchant, les yeux fermés et les oreilles ouvertes à une expérience psychédélique...

Notre dernier post approche, où nous vous dévoilerons le vainqueur du prix de la jeunesse...

Mais peut-être, si vous nous le demandez très fort, poursuivrons nous un peu le blog après la fin du festival...

Le cinéaste Quentin Tarantino, hier soir à Cannes

Jibé

Un Khoo magique

Je l'attendais, Cannes l'a fait.

Ca y est, je vous le promets, je cesse mes médisances le temps d"un post pour vous faire enfin part d'un véritable film coup de cœur ! Après une semaine "difficile" côté projections, avec des thèmes dans l'ensemble assez glauques et peu originaux, voilà qu'enfin j'ai eu droit hier à un peu (beaucoup) de magie cinématographique grâce au réalisateur Eric Khoo, déjà connu pour son film "Be with me", en 2005.

Et pour cause, son film s'intitule "My magic"et met en scène la relation d'un père avec son fils. Depuis que sa femme l'a quitté, Francis, serveur dans une boîte de nuit, noie son chagrin dans l'alcool. Parce que son jeune fils de dix ans lui reproche de se laisser aller, Francis décide alors de renouer avec son ancien métier : celui de magicien… Une histoire somme toute assez banale que le réalisateur parvient à transformer en un espèce de conte moderne doux et sensible à la fois, sans jamais basculer dans la mièvrerie. Le résultat est d'autant plus stupéfiant que le film n'a été tourné qu'en 9 jours. Un joli tour de passe-passe. Les deux acteurs principaux, Francis Bosco (le père) et Jathisweran (le fils) campent quant à eux leurs personnages avec justesse et une sensibilité toute en retenue.

Acclamée lors de sa projection unique (oui, oui, j'étais debout et j'applaudissais bien fort, tout comme mon binôme jean-baptiste qui lui aussi a adoré), l'équipe du film semblait particulièrement émue. Francis Bosco, véritable magicien dans la vie, a même exécuté un tour de magie devant les spectateurs (le portefeuille qui prend feu, un classique toujours aussi impressionnant à chaque fois). Un Khoo magique, vous dis-je!

"My Magic" d'Eric Khoo

Flore

Wendy and Lucy : Un casting très canin

Ca commençait bien. L'histoire d'une fille, Wendy, un peu paumée, qui fait route vers l'Alaska avec sa chienne Lucy. L'occasion peut-être d'assister à un road movie sympathique, voir même sentimental. Je vous assure que jusqu'à la dernière seconde, j'y ai cru. De toutes mes forces. Surtout quand l'actrice principale, Michelle Williams, qu'on a notamment pu voir dans "Le Secret de Brokeback Mountain", a débarqué sur scène avec toute l'équipe pour présenter le film. Une petite poupée de porcelaine au regard apeuré. Charmant.

Oui mais voilà. Le souci, c'est qu'au lieu de me raconter l'histoire touchante de cette jeune fille en vadrouille, on m'a servi un remake américain de Belle et Sebastien. Véridique. Il aurait fallu préciser à la réalisatrice, Kelly Reichardt, qu'un beau casting ne suffit pas pour faire un film. Il faut aussi une histoire. Car "Wendy et Lucy" ne nous raconte pas grand-chose. Pour la faire courte -et en même temps je ne vois pas ce que je pourrai vous raconter d'autre - Wendy est arrêtée pour vol dans un supermarché d'une petite ville de l'Oregon. Lorsqu'elle sort du commissariat, sa chienne a disparu.

Et elle la cherche. Pas 5 minutes, non, mais plutôt une heure. Soit pendant les trois-quart du film. Et le spectateur assiste à des "Lucy, lucy, where are you ?" à tout bout de champs. De quoi être dégouté du prénom Lucy, je vous le garantie. Et de quoi déclencher quelques fous rires nerveux parmi les spectateurs également. Pourtant je n'ai rien contre les bêtes, je vous assure. Mais même votre petit toutou adoré aurait détourné son regard de l'écran s’il avait été présent. C'est vous dire.

Le hic c'est qu'au générique de fin, la salle se met à encenser le film. Et qu'on se met debout, et qu'on applaudit bien fort pendant dix minutes, et que la réalisatrice est émue aux larmes, blablabla blablabla. Mince. On a vu le même film ou bien ?

L'actrice Michelle Williams, au Festival de Cannes pour soutenir deux films: Wendy et Lucy (de Kelly Reichardt) et Synecdoche New York de Charlie Kaufman (voir ci-dessous)

Flore

Synecdoche New York, Charlie Kaufman

Qu'il est agréable de se promener dans le dédale scénaristique conçu par l'esprit tordu de Kaufman après la niaiserie poético-grotesque et bien trop prévisible de la frontière de l'aube, présenté hier par Philippe Garrel.

Rappelons-nous que Dans la peau de John Malkovich, Human nature et plusieurs films géniaux de Michel Gondry (Eternal Sunshine of the Spootless Mind) sont avant tout du fait de l'écriture féconde de cet auteur dont la première réalisation (et seul premier film de la compétition officielle) est projetée aujourd'hui à Cannes.

Grosso modo, on est en présence d'un artiste maudit (Phillip Seymour Hoffman en pleine maitrise de son rôle), celui dont la vie privée et la santé jouent aux montagnes russes, mais qui est reconnu par le par le public.

Tout l'intérêt du long métrage réside dans l'évolution du personnage qui, voyant sa famille le quitter, son corps s'abimer, veut se lancer dans un projet-monde: il fait construire un petit New York dans un grand entrepôt de New York et, jour après jour, fait revivre avec toute son équipe les situations de leur propre vie commune. Une mise en abîme de vies qui, au fur et à mesure que le temps passe et que le projet se développe, brouille les frontières entre théâtre et réalité. Cette idée devient proprement jouissive quand les effets de miroirs se démultiplient à n'en plus finir, allant jusqu'à faire jouer par un comédien le rôle d'un autre comédien qui devait reproduire la vie d'un metteur en scène... Et on ne parle même pas des situations loufoques qui en découlent, grâce auxquelles on rit allègrement.

En plus de se poser comme un challenge scénaristique intéressant, l'idée trouve sa résonnance dans les thématiques abordées: la mort, la perte d'identité, le rapport à autrui, le sens qu'on peut donner à une vie. Et le titre se dévoile tout d'un coup: la synecdoque est cette figure de style qui fait d'une partie le tout (par exemple, le "fer" pour une épée). Dans le film, les personnalités qui s'emboîtent et se déboîtent comme des poupées russes sont autant de petits microcosmes qui reflètent un seul et même macrocosme: New York. Mais de façon métaphorique: la vie pour la Vie.

Ce qu'il faut toutefois souligner, c'est que les moyens proprement cinématographiques sont sans impact sur le traitement du scénario. Il pourrait avoir travaillé les deux séparément qu'on ne s'en rendrait même pas compte, car la forme n'est pas là pour faire affleurer le fond. C'est l'histoire qui compte et comme tel, les yeux peuvent presque se fermer sans remords pour laisser nos seules oreilles savourer les délires Kaufmaniens. Presque, car le jeu de mise en abîme doit bien passer par le visuel, mais il n'offre rien de savoureux quant à l'esthétique du film.

On se rappelle alors que Eternal Sunshine... était époustouflant pour nos pupilles, et que son réalisateur provient droit du monde de la vidéo.

On espère alors que Kaufman ne sera pas éternellement un brillant faiseur d'histoire devant se déployer par la mise en scène de quelqu'un d'autre.

Le réalisateur américain Charlie Kaufman, posant hier à Cannes avec l'actrice Catherine Kenner

Jibé

Le grand soir...

Hier soir, c'était LE GRAND SOIR !

Ca y est, nous avons enfin tous ensemble pris d'assaut les marches du grand palais! Dans le groupe, c'était l'effervescence. Il faut dire que 60 jeunes réunis sur l'un des plus célèbre tapis rouge du monde pour la première fois, ça avait de l'allure. Smoking, nœuds pap' et robes longues, tout le monde s'était mis sur son 31. A tel point que certains étaient méconnaissables… Crépitement des appareils photos, caméras de tous les côtés… Il y avait de quoi avoir la tête qui tourne!

Et tout le monde avait hâte de découvrir le film projeté pour l'occasion, "Surveillance", de Jennifer Lynch. L'histoire d'un couple d'agents du FBI (Bill Pullman et Julia Ormond) qui débarque dans un petit commissariat de province afin d'enquêter sur une série de meurtres particulièrement atroces.

A priori une histoire assez banale, que la réalisatrice rend pourtant au final tout à fait particulière. Car "Surveillance" est un film à ne louper sous aucun prétexte. Tout d'abord parce que la petite Jenny est aussi barrée que son papa, ce qui donne un film bien tordu et bien noir comme je les aime. Je n'ose du coup même pas imaginer les réunions familiales que ça doit donner chez les Lynch. "Papa, tu peux me passer le sel s'il te plait ? Ah au fait mon héroïne, tu croix qu'elle doit mourir étouffée ou la tête découpée?" "Tiens chéri je te le passe. Moi je pense qu'un camion devrait l'écraser". Ambiance ambiance.

Reste que la fifille adorée à son papa a cette fois bien réussi son coup, quinze ans après le bide de "Boxing Helena". Intriguant, dérangeant, amoral, vicieux, mais aussi drôle : voilà comment l'on pourrait qualifier le thriller "Surveillance". Car la réalisatrice manie avec aisance un humour noir fin et décalé dans un univers pas très joli joli.

Vous l'aurez compris, le film m'a vraiment plu et nous avons tous passé une bien belle soirée. Le genre de soirée que l'on aimerait bien renouveler!

Flore

Grand jeu concours! Parmi toutes ces stars, hier soir à Cannes, laquelle n'est pas reporter pour France 5?

Cannes, par ci, par là...

Pour ceux qui se demandent qu'est-ce que ça fait d'être à Cannes, comment c'est en vrai... quelques images pêle-mêle!


Cannes, par ci par là - kewego

Ovation pour Clint Eastwood, dans le Palais des festivals!

Une petite vidéo de ce grand moment, à l'aide de mon téléphone portable!


Cannes 2008: ovation pour Clint Eastwood - kewego

Clint Eastwood de mes yeux vu!

Cannes n’est pas un lieu pour le repos.

Sachant qu’au bout de trois jours et 10 heures de sommeil j’ai mal partout (sauf à ma détermination), je me demande ce qu’il en sera à la fin de la semaine. M’enfin, ce qui ne tue pas rend plus fort, et je ne compte pas mourir après les moments exceptionnels vécus hier soir.

En effet, après une journée marquée par une rencontre professionnelle très intéressante et l’accumulation d’adresses et autres bons plans (contact sur place oblige !) qui pourraient bien mener à des interviews fructueuses dont nous vous ferions part, je suis allé voir les deux films du soir avec montée des marches. Et quels films. Le premier : Changeling, de Clint Eastwood (ne me demandez pas comment j’ai réussi à avoir une invit’, ça relève du surréalisme). En étant absolument pas objectif, le festival peut s’arrêter là et consacrer cette petite merveille dont le pouvoir lacrymal (mais sans violons s’il vous plait) surpasse tout ce qu’on peut imaginer. Et cette frénésie, ces applaudissements pendant vingt minutes, ce visage noble auréolé de cinéma qui cachait derrière un petit sourire l’émotion que doit provoquer un millier de visages mouillés… C’est au-delà de toute description, alors je m’arrête: regardez plutôt la vidéo ci-dessus!

Le deuxième : Maradona by Kusturica. Ceux qui me connaissent savent ce que ce réalisateur représente pour moi. Et bien j’ai été servi. Bien que je sois rentré par la file « dernière minute », j’ai été placé deux rangs devant lui, la fortune a fait croiser nos regards, et mon timide courage, serrer nos mains. Vous savez ce que j’ai dit ? “You’re the only one who writes poetry with chickens”. Il a ri. Et si le film-docu valait ce que pouvait valoir un message d’amour assumé d’un fan pour son idole, Kustu n’a pas perdu sa patte, et l’a prouvé dès la montée des marches en jonglant avec un ballon en compagnie de Maradona.

Cette écriture me semble bien sèche pour des choses qui m’ont tant remué, j’aimerais donc la déployer à l’aide de petites vidéos, celles que j’ai réussi à prendre avec mon portable, ainsi que quelques rushes (désolé, je n’ai pas le temps de faire du montage) de ce que la vie sur la Croisette (les deux billets au-dessus).

Enfin, nous vous invitons à regarder, pour ceux qui seront réveillés, France5 TV ce soir à partir de 23h30 : les soixante jeunes (dont flore et moi) ont leur montée officielle des marches sous l’œil des caméra pour aller voir le film de Jennifer Lynch : Surveillance. Nous n’aimerions pas que vous loupiez notre instant de gloire…

Jibé

Ma critique du nouvel INDIANA JONES

Séance pop-corn de la semaine…

J’avoue, je ne voulais pas le louper .

Et bien, je n’ai pas été décu : rares sont les films qui peuvent se vanter de commencer autant sur les chapeaux (Celui de Harrison est un Vuitton) de roue (celles des voitures, motos, tank et autres tricyles que Harrison conduit). Rares également ceux qui partent autant en cacahuètes après cette première demi-heure. Bon, on ne présente pas l’équipe du film, tout le monde connaît.

On ne parle pas non plus des formes cinématographiques, inexistantes comme il se doit (ce n’est pas un reproche). Ainsi, on peut avancer qu’un Indiana Jones se mesure principalement à son scénario et aux inférences qu’il provoque (ou non) chez le spectateur. Un bon Indiana Jones devrait donc nous surprendre, nous couper le souffle, nous donner envie d’applaudir quand son fameux thème apparaît pour la première fois. Indiana Jones 4 aura eu le mérite de nous surprendre par sa bêtise.

Jugez plutôt : Harrison Ford (le teint buriné, les muscles qui pendent et les cheveux plus blancs que neige) se retrouve en plein désert dans une ville pastiche servant de cible à un essai nucléaire. Il a trente secondes avant de se faire atomiser (ce qui ne serait pas cool, on ne verrait plus son étiquette Vuitton). Miracle, il trouve un frigo dans lequel se cacher. Hop. « BOUM ». Hop. Plus de ville, mais un plan croustillant nous montre le frigo qui ratterrit 3 km plus loin. Indy en sors sans bleu et la chemise sans pli.

Ce genre de scène pourrait faire penser aux Blues Brothers, mais le comique du film n’est pas de ce type, il est plutôt celui des références aux épisodes précédents.

Il ne reste donc plus qu’à échafauder une théorie selon laquelle Indy gagne de l’invulnérabilité en même temps que de la bouteille. Ingénieuse façon de faire passer le mythe à la postérité, pour peu que Spielberg ait vraiment fait exprès de forcer le trait.

Malgré tout, on reste médusé devant cette histoire métaphysico-paranormale, où les bonnes vieilles Arches laissent place aux soucoupes volantes (on le sait maintenant, le réalisateur ne s’est pas remis de E.T.), et dont la surenchère en péripéties loufoque explose les limites du ‘‘too much’’. Et on n’applaudit même pas au fameux thème car on finit par s’amuser davantage de sentir vibrer notre plexus solaire (ah, la magie du son supra dolby digital) que de se préoccuper de cette pâte audio-visuelle indigeste.

Qu’est-ce qui nous reste ? Louis Vuitton cité au générique.

La foule en délire avant la projection d'Indiana Jones 4, hier à Cannes

Jibé

Premier interview sur la Croisette

Interview de Christophe Rossignon, producteur de cinéma français, qui a notamment produit "La Haine", "Assassins", "L'odeur de la papaye verte", ou encore "Irréversible".

Comment définiriez-vous votre métier de producteur ?

"Ce métier s'exerce de manière différente selon les individus. C'est une question de caractère. Il y a, bien évidemment, l'aspect business. Mais certains producteurs ont aussi une démarche artistique. Un producteur peut endosser le rôle de coach, de complice, ou encore de manager. Il y a donc ceux qui se contentent de l'aspect financier, et ceux qui y ajoutent une autre dimension : humaine, artistique… Les réalisateurs qui travaillent avec moi sont ceux qui ont envie d'avoir un emmerdeur dans leur équipe. Pour les remotiver, pour échanger avec eux, pour débattre."

Comment avez-vous appris ce métier ?

" Le talent, ça ne s'apprend pas. Mais il y a quand même des techniques à acquérir. Moi, après mes études d'ingénieur, j'avais un peu de sous de côté, et j'ai eu envie de me lancer. Pour voir. Si ça ne marchait pas tant pis, mais en tout cas j'allais essayer. Donc j'ai commencé par produire des court-métrages, c'est une très bonne école que je conseille à tout le monde"

Aujourd'hui, vous êtes devenu une référence en matière de production dans le milieu du cinéma français. Avez-vous encore le temps, et l'envie, de produire des courts métrages et d'aider de jeunes réalisateurs?

" J'adore les premiers films, mais c'est devenu de plus en plus difficile pour moi d'en produire. Trop de projets déjà en cours avec des réalisateurs auxquels je reste fidèle, pas assez de temps, d'énergie. Et ce sont souvent les jeunes producteurs qui les produisent. C'est ce que moi j'ai fait, et je trouve ça assez logique. Mais je ne marche qu'au coup de cœur, qu'à l'envie. Un film, un scénario, doit être porté par quelqu'un, par une âme, une flamme. Le cinéma que je produis, je le choisis. Le jour ou je ne serais plus libre j'arrêterai de faire ce métier."

Au vu des films que vous avez déjà produit, on peut se dire que vous aimez les films à message. Dans le désordre "La Haine", "Assassins", "Irréversible", "L'odeur de la papaye verte", qui a justement obtenu le prix de la jeunesse en 1993… Privilégiez vous les thèmes forts ?

"Pas nécessairement. Le film "La Haine", c'était avant tout une réaction, suite à la mort d'un jeune dans un commissariat. Mathieu (ndrl Kassovitz) a écris le film dans la foulée. On a pas voulu changer le monde, on a juste voulu faire du cinéma. D'ailleurs je ne suis pas certain que le cinéma puisse changer la face du monde. Je traite souvent des sujets de société, c'est vrai, mais j'aime aussi produire du divertissement. "Les randonneurs", "Une hirondelle a fait le printemps"…J'ai des goûts éclectiques. Ma richesse, c'est ma diversité".

Retrouvez dès ce soir la conférence de presse de Christophe Rossignon en vidéo! ici

Flore

Cannes : 1er jour

Nous voilà donc à Cannes !

Veuillez m’excuser d’offrir seulement aujourd’hui à votre lecture gourmande un post qui se rapporte à notre journée d’hier mais, préparation, départ et accueil à Cannes obligent, nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour nous…

Comme on dit par chez nous : Cannes, ça déchire.

A peine arrivés que nous montions les marches sous l’œil photographique des paparazzis et que nous nous installions dans la salle immense (et c’est un euphémisme) du palais des festivals, avec des invitations pour un film de la compétition officielle : Serbis, de Brillante Mendoza. Nous n’en ferons pas la critique ici, pour la simple raison que nous souhaitons préserver nos forces et nos minutes pour l’essence de Cannes et que ce film n’est certainement pas ce qu’on a vu de mieux sur la croisette… Disons que cette histoire d’une famille malaisée des Philippines qui vit en projetant des films érotiques dans un cinéma de débauche joue un peu trop souvent sur le sale (on est ici dans le cinéma le plus trivial, qui s’attarde en gros plans sur les toilettes bouchées et les furoncles) et les scènes de sexe pour qu’on ne trouve pas le propos trop appuyé, et donc, un peu surfait.

Le moment était malgré tout inoubliable et s’est prolongé, certes différemment, quand nous nous sommes retrouvés noyés dans une foules en délire en attente de l’équipe du nouveau Indiana Jones !

Enfin, la journée s’est terminée par l’accueil des soixante jeunes et une soirée où nous avons manqué de peu Ashes of time redux de Wong Kar Wai et avons ainsi opté pour le ciné-plage alors que la lune était haute et pleine… Aujourd’hui est une autre aventure, que Flore va s’employer à vous résumer partiellement.

En résumé, Cannes se porte bien, et nous sommes aux anges. Nous sommes rentrés dans un univers différents, où les colonnes de portiques sont entourées de pellicules 35mm, où des bras par centaines se lèvent à travers la foule qui réclament des places pour tel ou tel film, bref, où le cinéma se déploie miraculeusement dans tous les sens.

Vous aurez bientôt un aperçu, avec vidéos et photos à l’appui, de tous les lieux incroyables et toutes les activités qui nous sont proposés. A très vite !

Jibé

Le grand jour!

Voilà, j’ai fini.

A peu de choses près, ma valise, à quelques heures du départ, est équipée de :

- 8 robes

- 6 jupes

- 5 pantalons

- 17 t-shirts

- 6 paires de chaussures.

Et j’ai dû m’asseoir dessus pour la fermer.

M****! Je viens tout juste de regarder la météo, il pleut sur la croisette. C’est bien ma veine. On redéballe tout. J’aimerais qu’on m’explique comment les stars font. Et quand je pense que le couple brandgélina est venu avec toute sa smala, faudra qu’ils me refilent leurs tuyaux.

Donc ce matin c’est le grand départ, arrivée en fanfare en début d’après midi à la gare de Cannes. J’avais prévu de venir en jet, mais je l’ai prêté à mon pote Jake. Jake Gyllenhaal of course. Et puis le dernier documentaire de mon autre pote Leonardo m’a sensibilisé à la cause écologique. Glamour, je veux bien, mais au vert s’il vous plait.

Donc aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi, mais aussi pour Indiana, qui revient, vingt ans après, toujours décidé à braver le danger au nom de la sacro-sainte cause archéologique. Prometteur. Je ferme les yeux sur les années qui ont passé et les kilos en trop, Indi restera toujours Indi, et son lasso aussi. Et puis il faut bien dire que le petit Han Solo est remonté dans mon estime depuis qu’il a accepté de se faire épiler en direct sur une chaine américaine au nom de la déforestation. Sean Penn a dû apprécier. Moi en tout cas j’ai bien rigolé. Engagement quand tu nous tiens…

Flore

Cannes à pêche, Cannes thon, Cannes art, Cannes happé, Cannes nu lard…

On apprend qu’Angelina Jolie est passée par-dessus la rambarde de son yacht. C’est bête, elle attendait des jumeaux. Mais ce qu’on ne dit pas, car ça fait mauvaise presse, c’est que Brad Pitt s’en fout : depuis qu’il l’a vue mesurer son renflement ventral à celui de Jack Black sous l’œil-arbitre du nouveau président du jury (un panda en polyester, Sean Penn ayant fui le navire en laissant un petit mot sur le socle de la palme : ‘‘de l’or fondu pour des chinois secoués’’), l’ex-futur papa souffre d’une grave crise identitaire, allant jusqu’à se rappeler ses débuts comme serveur de restaurant déguisé en poulet.

On n’en parle d’ailleurs jamais assez : le cinéma a ceci de particulier que les acteurs souffrent tous, à un degré plus ou moins important, de schizophrénie multiple. Effet secondaire corollaire à l’appropriation d’un personnage, le cas devient clinique si l’on ne peut départager l’acteur en possession de son rôle et celui possédé par ce dernier. Souvenez-vous quand Mark Hammil avait du se reconvertir dans les jeux-vidéos après avoir découpé certains de ses créanciers au sabre laser. Gageons qu’Harrison Ford aura vite recours à un exorciste pour lâcher son fouet.

Heureusement, Cannes est une panacée : les tongues y côtoient le costard – pingouin, la masse n’a de cesse que de fétichiser tout ce qui suinte les paillettes (c’est ainsi qu’un technicien de surface bombardé de confettis a pu signer un contrat pour jouer dans ‘‘Le Bon, la Brute et le Plombier’’), le tapis y est rouge-maybelline, et l’art, ultra-top-cool. Alors, les rôles se contrefichent de n’être que des acteurs, Angelina découvre qu’elle sait nager, et on jalouse secrètement les 24 marches qui ne se sont pas foulées pour être foulées. Et en dernier recours, on a toujours Kusturica, sa fanfare et ses oies.

Quant à moi, vous n’avez qu’à attribuer les lignes ci-dessus à l’imminence de mon départ pour Cannes.

P.S : Rej. proj. pour proj. priv. s’adr. à l’hôt. Mart… et plus si affinités.

Jibé

Kung Fu Cannes

En effet. Sean Penn l’a dit ; on l’a compris ; Flore l’a écrit : la compétiton cannoise (et, plus largement, le festival tout entier), n’est pas et ne doit pas être, innocente. A mon humble avis, elle doit combattre et débattre, elle doit puncher. Aujourd’hui, on a la prison avec Leonera et la guerre avec Waltz with Bashir (qui, dans sa forme et sa thématique, ne peut bien sûr que renvoyer à Persepolis, primé l’année dernière). Mais il y aura aussi un concentré de films italiens (de la Mafia tentaculaire de Gomorra à l’Italie politique de Il Divo) qui susciteront le débat après la réelection de Silvio Berlusconi, ou encore un certain Er Shi Si Cheng Ji, parabole de l’histoire de la Chine à travers l’évolution de huit personnages, qui ne manquera pas de provoquer l’émoi.

Cannes escorte donc son temps, traite avec l’Histoire et l’actualité, remue les consciences, et l’on s’en réjoui.

D’ailleurs, il ne serait pas étrange de voir débarquer en plein festival Pascale Ferran, celle-là même qui, avec son Club des 13, a publié un rapport plus qu’inquiétant sur l’état de santé du cinéma français… Sa verve avait échauffé les oreilles lors des Césars 2007, et le festival est propice à une nouvelle prise de parole…

Enfin, dans le même ordre d’idée, il ne faut pas oublier que le festival représente un des plus gros marchés du film, et la manifestation a valeur exemplaire quant à la question de l’insertion professionnelle dans ce milieu tellement clos… C’est un des grands axes de notre séjours là-bas, puisque nous rentrerons en contact avec des représentants des différents métiers afin d’être éclairé sur la réalité du septième art.

Vivons donc Cannes, mais vivons-le engagé, soucieux de l’évolution du cinéma et de sa pérennité.

Sachant très bien que les films ré-interrogent sans cesse notre rapport à la réalité, nous avons tout à y apprendre…

Jibé

L'engagement politique: un plus pour prétendre à la palme d'or...

Je vous en parlais hier, Blindness, le premier film en compétition, se voulait assez engagé. Et c’est sur cette idée que les réalisateurs devront vraisemblablement compter s’ils souhaitent cette année l’emporter, à en croire les déclarations faites hier par le président du jury Sean Penn lors d’une conférence de presse. « Le tremblement de terre en Chine va influencer mon jugement sur presque tous les films. De même pour ce qui se passe en Birmanie », a prévenu hier l’acteur-réalisateur. « Il faudra que le réalisateur ou la réalisatrice de la palme d’or se soit révélé très conscient du monde qui l’entoure », a-t-il ajouté, très solennel.

Cette 61° édition sera donc placé sous le signe de l’engagement politique ou ne sera pas. Rien d’étonnant lorsqu’on connaît les convictions de Sean Penn, l’une des figures les plus engagées d’Hollywood. Une question subsiste néanmoins : est-ce véritablement le rôle du festival de Cannes de privilégier les films à caractère politique ou philosophique ? Qu’en pensez-vous ? Sean Penn trouvera en tout cas peut-être satisfaction dans les deux sujets graves qui seront montrés aujourd’hui au jury : « Leonera », de l’argentin Pablo Trapero qui raconte la vie carcérale d’une jeune mère et « Waltz with Bashir », de l’israélien Ari Folman, film d’animation sur la première guerre du Liban.

Sean Penn, le Président de ce 61ème Festival de Cannes, à la conférence de presse d'ouverture hier soir.

Flore

Dans quelques heures...

Dans quelques heures, le coup d’envoi est donné ! Le film qui ouvre le festival est Blindness, de Fernando Meirelles. Il s’agit d’un « thriller philosophique et politique » à propos d’un virus provoquant la cécité chez des patients d’un hôpital. C’est donc dans l’angoisse que les compétiteurs entament leur périple à Cannes !

Le film est porté par un surprenant casting hollywoodien : Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover, Gael García Bernal (voir la photo ci dessous) seront présents ce soir pour monter les marches. Parmi les nombreuses autres célébrités gravitant autour du palais des festivals aujourd’hui, on compte Edouard Baer, Jack Black, Faye Dunaway, Gad Elmaleh, Gaspard Ulliel, Lambert Wilson, Elsa Zylberstein et Cate Blanchett. De quoi bien affoler les photographes !

Mais, au fait, qui pourrons-nous voir à Cannes, nous autres jeunes reporters ? Sachant que nous manquons les trois premiers jours, nous allons rater le casting des films d’Arnaud Despleschin (Catherine Deneuve, Mathieu Amalric…) et de Woody Allen (Scarlett Johansson, Javier Bardem, Pénélope Cruz…). Toutefois, nous arriverons juste à temps dimanche pour admirer toute l’équipe d’Indiana Jones… de Steven Spielberg, et nous aurons droit, notamment, aux stars du nouveaux Clint Eastwood (Angelina Jolie, John Malkovich…), à Gwyneth Paltrow et Joaquin Phoenix pour Two lovers de James Gray, et, en vrac, Dustin Hoffman, Denis Hopper, Philipp Seymour Hoffman, et bien sûr Louis Garrel (de quoi faire des jalouses)…

Promis, vous aurez des vidéos, fussent-elles sous le manteau, de tout ça ! Promis également, nous ne passerons pas notre temps à parler des stars, mais avouons qu’elles tempèrent l’atmosphère cannoise et que retranscrire le festival sans les évoquer, c’est comme manger la polenta sans les diots.

L’acteur mexicain Gael Garcia Bernal et l’Américaine Julianne Moore, au Festival de Cannes, ce soir.

Jibé

Le film d'ouverture: Blindness

Le 61° festival de Cannes s’ouvre aujourd’hui en début de soirée avec la présentation de « Blindness », premier film en compétition du réalisateur brésilien Fernando Meirelles, rendu notamment célèbre par son cultissime film « La cité de dieu », et plus récemment par « The constant gardener ». Les acteurs principaux de cette nouvelle production, à savoir Julianne Moore, Dany Glover, Gael Garcia Bernal et Mark Ruffalo, seront donc les premiers à fouler le tapis rouge de la Croisette ce soir.

Ce thriller, adapté du livre « l’aveuglement », de José Saramago, Prix Nobel de littérature en 1998, retrace l’histoire d’une ville dont les habitants deviennent au fur et à mesure aveugles, suite à une mystérieuse épidémie surnommé le « mal blanc ». Seule une femme, interprétée par Julianne Moore (en blonde pour l’occasion), est épargnée, et décide de feindre l’aveuglement afin de suivre son mari, ophtalmologiste, dans les camps où sont « parqués » les malades. Là, elle doit faire face à un univers crû et violent, où les liens sociaux et la conscience morale se défont à la faveur de la survie de chacun…

Le film, montré ce matin à la presse, n’a pas fait l’unanimité. Le réalisateur Fernando Meirelles, n’a pas manqué, au cours de sa conférence, de le présenter comme une « métaphore de tous les maux du XX° siècle ». Reste à voir si le jury sera sensible à son message philosophique…

Pour voir la bande-annonce, rendez-vous sur http://www.blindness-themovie.com

Flore

La sélection 2008

Hop !

Je prolonge le bonjour de ma chère collègue, simplement pour commenter un peu cette sélection avant de voir vos diverses réactions. N’oublions pas, d’autre part, qu’il ne reste plus qu’un jour avant la cérémonie d’ouverture du festival…

Ce qui surprend agréablement à la vue des 22 films en compétition, c’est que l’originalité, la nouveauté, ont été privilégiées pour cette 61ème édition. Ainsi, certains réalisateurs n’en sont qu’à leur deuxième film (Pablo Trapero avec Leonera) et d’autres font leur premier passage à Cannes (Ari Folman avec Valse avec Bachir). Tout en espérant que cette année ne fasse pas office de transition après un soixantième anniversaire particulièrement riche, on attend beaucoup du regard neuf de ces cinéastes, pour la plupart étrangers et encore méconnus.

Notons toutefois la présence de certaines pointures : Wim Wenders ou les frères Dardenne, des habitués de la croisette (qui souhaiteraient probablement retrouver un certain prestige quelque peu effeuillé), Arnaud Despleschin, qui mettra à nouveau en scène Mathieu Amalric dans un film moins intellectuel que ses précédentes oeuvres, Philippe Garrel qui, malgré une reconnaissance publique et critique, n’avait étrangement jamais concouru à Cannes jusqu’ici, Steven Soderbergh et le premier volet de son portrait (fleuve) du politique cubain, Charlie Kaufman, le scénariste talentueux des films de Michel Gondry, et bien sûr l’inépuisable Clint Eastwood ! Mais gageons que les jurés et leur président Penn saurons consacrer de nouveaux talents, comme il est de coutume au festival depuis quelques années…

Finalement, c’est en Hors-Compétition que les grands « pontes » se font les plus présents : Woody Allen, après avoir achevé sa trilogie londonienne, s’attaque à l’Espagne avec Vicky Cristina Barcelona dont on se plait déjà à murmurer que la température sera plutôt ‘‘hot’’ ; Jennifer Lynch sort enfin de l’ombre de papa David avec qui elle a longtemps collaboré pour nous offrir son propre cinéma ; Emir Kusturica, après l’échec injustifié de Promets-moi, revient pour nous faire partager l’amour qu’il voue à son idole (souvenez-vous, le début de Chat noir Chat blanc, quand un gitan s’écrie, après avoir gagné aux cartes, ‘‘Maradonaaaaaaaa’’, avant de s’effondrer superbement au sol)… et bien sûr, on ne saurait oublier Steven Spielberg dont la bagatelle attendue aux quatre coins du globe sera projetée dimanche prochain : Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Probablement que les critiques s’y intéresseront peu, mais que les esprits en seront hantés jusqu’au 18 mai.

Nous avons la chance d’avoir tout cela, et bien plus encore, qui nous attend au festival de Cannes. Soyez assurés que plus nous verrons de films, mieux nous nous porterons, et que leur appréciation détaillée sera de première importance dans nos messages… Consultez la rubrique « critique » !

Jibé

La sélection Cannes 2008

Bonjour à tous!

Voici la sélection officielle de cette nouvelle édition du Festival de Cannes, très prometteuse à bien des égards !

Mais d’abord, un petit récapitulatif des membres du jury, assez hétéroclite, présidé cette année par Sean Penn :

  • - Sergio Castellitto (Italie), acteur et réalisateur, qu’on a notamment pu voir dans plusieurs films de Marco Bellocchio et Jacques Rivette.
  • - Natalie Portman (Etats-Unis), actrice qui s’est fait connaître avec «Léon» de Luc Besson, puis notamment «Star wars, la menace fantôme» de George Lucas, et dernièrement «My blueberry nights» de Wong Kar-Wai.
  • - Alexandra Maria Lara (Allemagne), actrice d'origine roumaine qui a dernièrement joué dans «L'homme sans âge», sous la direction de Francis Ford Coppola.
  • - Alfonso Cuaron (Mexique), réalisateur de «Y tu mama también» et «Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban».
  • - Apichatpong Weerasethakul (Thaïlande), plasticien et cinéaste.
  • - Rachid Bouchareb (France), producteur et réalisateur d’«Indigènes», pour lequel les cinq acteurs du film ont reçu un prix collectif d'interprétation masculine à Cannes en 2006.
  • - Marjane Satrapi (France-Iran), auteur de bandes dessinées et co-réalisatrice du film d’animation «Persepolis», qui a reçu un Oscar et le Prix du Jury à Cannes en 2007.
  • - Jeanne Balibar (France), actrice, qui a notamment joué dans «Dix-sept fois Cécile Cassard» de Christophe Honoré, présenté à Cannes en 2002.

Concernant la sélection officielle, 22 longs métrages sont en compétition :

  • - « Entre les murs» de Laurent Cantet, avec François Bégaudeau.
  • - «Two lovers» de James Gray avec Joachin Phoenix et Gwyneth Paltrow.
  • - «Blindness» de Fernando Meirelles (film d’ouverture), avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover et Gael García Berna.
  • - «Les trois singes» de Nuri Bilge Ceylan.
  • - «Le silence de Lorna» de Jean-Pierre et Luc Dardenne.
  • - «Un conte de Noël» d'Arnaud Desplechin, avec Catherine Deneuve et Mathieu Amalric.
  • - «L'échange», de Clint Eastwood.
  • - «Adoration» d'Atom Egoyan.
  • - «Waltz with Bashir» d'Ari Folman.
  • - «La frontière de l'aube» de Philippe Garrel, avec Louis Garrel et Laura Smet.
  • - «Gomorra» de Matteo Garrone.
  • - «24 City» de Jia Zhangke.
  • - «Synecdoche, New York» de Charlie Kaufman.
  • - «My Magic» d'Eric Khoo.
  • - «La femme sans tête» de Lucrecia Martel.
  • - «Serbis» de Brillante Mendoza.
  • - «Delta» de Kornel Mundruczo.
  • - «Linha de Passe» de Walter Salles et Daniela Thomas.
  • - «Che» de Steven Soderbergh.
  • - «Il Divo» de Paolo Sorrentino.
  • - «Leonera» de Pablo Trapero.
  • - «The Palermo shooting» de Wim Wenders.

Et hors compétition, 8 long métrages :

  • - «Vicky Cristina Barcelona» de Woody Allen
  • - «Le bon, la brute, le cinglé» de Ji-Woon Kim
  • - «Kung Fu Panda» de Mark Osborne et John Stevenson
  • - «Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal» de Steven Spielberg
  • - «What just happened» de Barry Levinson (film de clôture), avec Robert de Niro, Bruce Willis, Robin Wright Penn, John Turturro et Sean Penn.
  • - «Surveillance», de Jennifer Lynch
  • - «The Chaser», de Hong-Jin Na
  • - «Maradona by Kusturica», réalisé par Emir Kusturica

Qu'en dites-vous?

Flore

Bonjour à tous!



France 5 nous a donné une mission pour le mois de mai : couvrir le festival de Cannes... Et bien, devinez quoi, mission acceptée !
Au programme des réjouissances : critiques de films, rencontre avec des professionnels du milieu du cinéma, plongée dans les coulisses… De belles journées en perspective ! Mon acolyte, Jean-baptiste, également cinéphile, et moi-même, allons donc tenter, le temps d’une semaine, de vous retranscrire l’ambiance du festival de Cannes. Histoire d’avoir un autre son de cloche que les simples images de la montée des marches… Articles, photos, vidéos : le festival comme si vous y étiez !
Mais avant que les festivités ne démarrent, personnalisons un peu notre rencontre : regardez notre petite vidéo juste ci-dessous, histoire de vous habituer à nos têtes !
A très vite, ici même!

Flore



Flore et Jean-Baptiste: les Jeunes Reporters au Festival de Cannes pour France 5 - kewego

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