Cannes-réalité

Vous vouliez tout savoir ? Aujourd’hui, je suis en panne d’inspiration.
Voici donc, examinée sous toutes ses coutures, une journée-type festival de Cannes, quand vous êtes l’un des soixante jeunes sélectionnés par le ministère. Comme ça, vous verrez si ça vaut le coup d’essayer…
-8h (7h si vous avez la niaque ou si vous êtes timbré, 9h si vous avez la flemme ou si vous êtes raisonnable) : vous vous réveillez dans votre lit de la résidence Maéva, petit mais confortable, pour constater que le sol est recouvert de petites mottes de sable, souvenir probable de votre nuit de débauche sur la plage. Vous vous récurez tant bien que mal, vous évitez de vous regarder dans le miroir, vous faites attention à ne pas réveiller votre voisin de lit qui s’est endormi la tête sur son clavier de portable. Vous descendez les sept étages, pas trop vite, hein.
-8h30 : succulent petit-déjeuner où vous faites l’expérience du saucisson-nutella (de toute façon, au bout de deux jours, vous ne sentez déjà plus rien). Vous vous amusez à quantifier et classer les dépravations physiques de vos camarades.
-9h : vous téléphonez, hésitant, à votre collègue-reporter-France5 de sexe féminin pour savoir si elle est aware. ‘‘Mwouallôo ? !’’ ‘‘Euh ça va je te réveille pas si je sens que je te réveille tu vas me défoncer la tronche n’est-ce pas ?’’ ‘‘Sans blague…’’
De dépit, vous partez vers la Croisette avec les quelques allumés déjà sur pieds.
-9h30 : votre bus est arrivé, Cannes semble morte (et pour cause, son pouls est faible). Il vous reste 1h avant la rencontre professionnelle, que vous décidez d’utiliser à bon escient en faisant un tour au Marché du film. Vous vous perdez alors dans le dédale de couloirs encore inanimés d’un des plus grands sites de vente de films au monde.
-10h30 : vous vous dirigez tout doucement vers la maison des associations, où doivent se réunir les soixante jeunes. Vous êtes maintenant plutôt réveillé, tout excité en pensant au(x) film(s) que vous pourrez voir et aux rencontres que vous pourrez faire durant la journée.
-11h : la rencontre professionnelle a commencé à la maison des associations. Une gentille hécatombe a eu lieu, puisque vous êtes à peine 30 présents (sans compter ceux qui ont piqué du nez après avoir posé le bout de leur fesse gauche). Bizarrement, vous ne vous endormez pas durant cette heure et demi, car le critique / réalisateur / producteur… que vous écoutez a des choses très intéressantes à vous dire. Si vous n’êtes pas là, c’est peut-être aussi parce que c’était votre jour d’atelier et qu’en compagnie de trois autres jeunes, vous réalisez un incroyable reportage sur un cinéaste et son œuvre (expérience très riche).
-13h : c’est à partir de là que vous prenez en charge votre destin. Le reste de la journée vous appartient, vous pouvez décider de l’utiliser au max ou de faire des strip-Uno (buvez un peu avant, quand même). Sinon, vous passerez l’après-midi à voir des films, rencontrer des gens, courir à droite, à gauche, bref, à vous éclater (et avant vous aurez pris soin de vous ressourcer pour 10euros à la Boule d’or en essayant de les arnaquer sur les saucisses).
-19h30 : on peut dire que c’est à partir de là que la soirée commence, puisque vous aurez peut-être l’occasion de faire votre première montée des marches avec costard obligatoire, stars/strass à la pelle. Si c’est Eastwood, vous pleurerez, si c’est Garrel, vous rirez. En tout cas, vous passerez un grand moment.
-23h : c’est l’heure de faire la fête, mes amis. Deux options : soit vous courez de l’un à l’autre des trois hôtels de ouf cannois (Majestic, Carlton, Martinez) dans l’espoir de faire de belles rencontres (certains n’ont pas été déçu), soit vous allez vous pochtroner sur la plage. Les deux ne sont pas incompatibles, la deuxième découlant souvent de la frustration engendrée par l’échec de la première.
-2h : ? (c’est à peu près ce qui vous reste en mémoire après le dixième Ricard – et c’est peut-être mieux pour vous…)
-4h : vous rentrez en taxi, vous vous faites arnaquer sans vous en rendre compte, vous videz votre portefeuille du fric que vous n’avez déjà plus, vous regagnez votre chambre en rampant, vous vous écroulez sur votre lit comme un sac (si vous avez de la chance, en compagnie d’une jolie créature). Vous dormez. Pas assez.
Ainsi pendant une semaine. L’est pas beau le festival ?
Jibé
30/05/08 :: Le Blog des Reporters :: un commentaire














